Levé à la fraiche, je repars dans Mopti mais par l'autre côté histoire de longer le Bani jusqu'au centre-ville.
En chemin j'achéte quelques "galettes" qui ressemblent étrangement à des pancakes. C'est bon mais la texture n'a quand même rien à voir et puis il manque du sirop d'érable...
Je suis toujours autant sollicité sur le trajet, j'ai l'impression d'être Ségoléne Royal en campagne présidentielle : un robot qui fait des coucous à droite, à gauche, en haut, en bas...
Dans une ruelle, une vielle dame m'interpelle. Je m'approche et elle me parle nature en bambara. Je lui dis que je comprend rien. Elle rigole et elle enchaine pareil, elle me sort un long monologue auquel je ne comprends rien de rien! Alors elle se tourne vers un petit cabanon de l'autre coté de la rue, en plein cagnard et s'adresse à quelqu'un. J'entends une voix d'homme qui me lance : "Soyez le bienvenu!!"
On peut facilement se perdre dans les petites rues de Mopti... et c'est même recommandé. On peut assister à des scénes de la vie quotidienne et admirer les rues en banco, les routes parfois pavées, souvent en terre. Il est recommandé aussi de ne pas avoir le nez trop sensible, les "égouts" sont à ciel ouvert et sont tous bouchés. C'est pour ça qu'on la surnomme la "Venise du Mali" ?
Ca n'enlêve quand même rien au charme de cette petite cité.
Je retourne déambuler dans le marché et je m'installe au Bissap café. Re-ballades jusqu'en début d'aprés-midi où la température est intenable. Je commande au Yérédémé une énorme assiette de riz au gras que je n'arrive pas à finir et je passe la soirée tranquillement entre guitare et sirotage dans le patiot.
mercredi 17 février 2010
mardi 16 février 2010
15 février
Aprés un copieux petit-déjeuner, je remonte sur le toit pour "améliorer" mon hamac. Il est super mais les cotés remontent un peu trop à mon goût et puis il manque des barres pour qu'il soit plus à plat et donc un peu plus confortable.
J'ai deux cordes d'escalade, du coup je teste toutes les possibilités qui me passent par la tête. Vous allez dire "t'as que ça à foutre?" bin, un peu oui, mais en même temps je compte dormir souvent en terrasse à partir de maintenant : 1. parce que c'est mieux que les chambres pour la vue et la température et 2. parce que c'est pas cher mais alors pas cher du tout !
Un de mes tests me plait particuliérement. Par un habile "jeu de noeuds", j'ai coincé les extrémités du hamac de façon à ce que les cotés ne remontent pas trop et l'interieur est un peu plus tendu pour offrir une surface un peu plus plane.
Sur le papier c'est une idée de génie...
En pratique, à peine me suis-je allongé que le noeud "sud-ouest" se défait. Donc, chute lamentable au ralenti, je me retrouve la tête en bas, la jambe droite coincée en haut et mon bras gauche au sol. Celui-ci appuie tellement sur la moustiquaire (que j'avais intelligemment pris soin d'accrocher!) que les coutures se déchirent, provoquant un effet "élastique" qui fait voler les deux fermetures éclair. Je les entend tomber au loin... Mais avant d'entreprendre d'aller les chercher, je dois me sortir de ce mauvais pas (on dira ce qu'on voudra, l'Afrique c'est quand même imprévisible, à tout moment on peut... pffuittt!). Je mets un bon moment avant de me dégager et ce bien entendu, avec la grâce que vous imaginez.
Tout ça pour dire que je passe cette putain de journée à réparer mon putain de hamac!
Heureusement maintenant je maitrise l'art de la couture, aujourd'hui je suis d'humeur "Desigual".
Au final, je le réinstalle exactement comme il était...
Je décide de retourner au Yérédémé pour le repas.
Lorsque j'arrive, une graaande table est réservée et il y a deux gars assis à celle d'à coté, plus petite. C'est là qu'on m'installe.
Ils sont arrivés hier à Bamako, ont pris le bus direct et viennent juste d'arriver à mopti, ils sont épuisés (j'arrive à le comprendre) et comme ils n'ont que dix jours, ils partent demain à la premiére heure en pays Dogon. C'est le même dilemne que nous avions eu avec Cécile : essayer d'en faire le plus possible pour tout voir quitte à courir pendant dix jours ou prendre le temps d'apprécier moins de choses mais à leur juste valeur... On a opté pour la version piscine.
On attend nos plats quand le graaand groupe débarque. C'est le troupeau de filles du stage de danse venu de Lille pour 15 jours. Elles étaient en pays Dogon depuis samedi, j'avais fait connaissance à l'hotel avec l'une d'entre elles qui est resté coincée pour cause de crise de Palu carabinée (elle est sous traitement mais elle l'a chopé il y a deux ans au Sénégal sans qu'elle le sache... il s'est réveillé ici!). Et dans la foulée, trois hommes et une femme viennent s'assoir à "ma" table. Je suis coincé au milieu de la foule.
Lorsque mes nouveaux voisins commencent à discuter, ça devient intenable. L'un d'eux, un peu efféminé avec un fort accent parisien s'amuse à refaire leur guide à Djenné en se moquant grassement de l'accent et du manque de culture de ce dernier (c'est vrai que pour un guide c'est génant mais quand même...).
Dés qu'une bréche s'ouvre, je me jette et je demande à être servi dans le patiot de l'hotel. Peu de monde, une table pour moi tout seul...le calme retrouvé!
Ensuite, je remonte sur le toit tel le lézard (dommage, j'avais enfin pu faire des photos de bébétes pour Marion mais à cause de "vous savez qui" et bien voila!!! bravo "vous savez qui" !!)
Comme tous les soirs, le spectacle est grandiose, vivent les pays où il y a assez peu de lumiére pour voir les étoiles !! (avec sur les oreilles Scott Matthews "Dream song" c'est de la balle!!).
J'ai deux cordes d'escalade, du coup je teste toutes les possibilités qui me passent par la tête. Vous allez dire "t'as que ça à foutre?" bin, un peu oui, mais en même temps je compte dormir souvent en terrasse à partir de maintenant : 1. parce que c'est mieux que les chambres pour la vue et la température et 2. parce que c'est pas cher mais alors pas cher du tout !
Un de mes tests me plait particuliérement. Par un habile "jeu de noeuds", j'ai coincé les extrémités du hamac de façon à ce que les cotés ne remontent pas trop et l'interieur est un peu plus tendu pour offrir une surface un peu plus plane.
Sur le papier c'est une idée de génie...
En pratique, à peine me suis-je allongé que le noeud "sud-ouest" se défait. Donc, chute lamentable au ralenti, je me retrouve la tête en bas, la jambe droite coincée en haut et mon bras gauche au sol. Celui-ci appuie tellement sur la moustiquaire (que j'avais intelligemment pris soin d'accrocher!) que les coutures se déchirent, provoquant un effet "élastique" qui fait voler les deux fermetures éclair. Je les entend tomber au loin... Mais avant d'entreprendre d'aller les chercher, je dois me sortir de ce mauvais pas (on dira ce qu'on voudra, l'Afrique c'est quand même imprévisible, à tout moment on peut... pffuittt!). Je mets un bon moment avant de me dégager et ce bien entendu, avec la grâce que vous imaginez.
Tout ça pour dire que je passe cette putain de journée à réparer mon putain de hamac!
Heureusement maintenant je maitrise l'art de la couture, aujourd'hui je suis d'humeur "Desigual".
Au final, je le réinstalle exactement comme il était...
Je décide de retourner au Yérédémé pour le repas.
Lorsque j'arrive, une graaande table est réservée et il y a deux gars assis à celle d'à coté, plus petite. C'est là qu'on m'installe.
Ils sont arrivés hier à Bamako, ont pris le bus direct et viennent juste d'arriver à mopti, ils sont épuisés (j'arrive à le comprendre) et comme ils n'ont que dix jours, ils partent demain à la premiére heure en pays Dogon. C'est le même dilemne que nous avions eu avec Cécile : essayer d'en faire le plus possible pour tout voir quitte à courir pendant dix jours ou prendre le temps d'apprécier moins de choses mais à leur juste valeur... On a opté pour la version piscine.
On attend nos plats quand le graaand groupe débarque. C'est le troupeau de filles du stage de danse venu de Lille pour 15 jours. Elles étaient en pays Dogon depuis samedi, j'avais fait connaissance à l'hotel avec l'une d'entre elles qui est resté coincée pour cause de crise de Palu carabinée (elle est sous traitement mais elle l'a chopé il y a deux ans au Sénégal sans qu'elle le sache... il s'est réveillé ici!). Et dans la foulée, trois hommes et une femme viennent s'assoir à "ma" table. Je suis coincé au milieu de la foule.
Lorsque mes nouveaux voisins commencent à discuter, ça devient intenable. L'un d'eux, un peu efféminé avec un fort accent parisien s'amuse à refaire leur guide à Djenné en se moquant grassement de l'accent et du manque de culture de ce dernier (c'est vrai que pour un guide c'est génant mais quand même...).
Dés qu'une bréche s'ouvre, je me jette et je demande à être servi dans le patiot de l'hotel. Peu de monde, une table pour moi tout seul...le calme retrouvé!
Ensuite, je remonte sur le toit tel le lézard (dommage, j'avais enfin pu faire des photos de bébétes pour Marion mais à cause de "vous savez qui" et bien voila!!! bravo "vous savez qui" !!)
Comme tous les soirs, le spectacle est grandiose, vivent les pays où il y a assez peu de lumiére pour voir les étoiles !! (avec sur les oreilles Scott Matthews "Dream song" c'est de la balle!!).
JOYEUX ANNIVERSAIRE CLAUDE!!!!
lundi 15 février 2010
14 février
Vers 10 heures, je sors de l'hotel et prends la direction du centre-ville de Mopti. Sur le chemin je suis biensûr toujours autant sollicité par les enfants mais cette fois j'ai prévu le coup : j'ai emporté mon stock de stylos. D'ailleurs le stock se vide trés vite...
Premiére impression : Mopti, c'est de la balle!!
C'est super beau : Les maisons en banco (ainsi que la superbe mosquée!), les avenues ombragées, le Bani qui la traverse et le marché (trés trés) typique. Bref, la bonne giffle! (malheureusement, vous ne pourrez pas voir les superbes photos que j'ai fait parce qu'une certaine Cécile L. est rentrée en France avec mon cable USB. Je propose qu'on lui trouve un gage, j'attends vos propositions!)
Et bien entendu, comme partout au Mali, les gens sont adorables, souriants et avenants.
Je tombe par hasard sur le Bissap café, je m'y installe pour boire un jus... de Bissap (fleurs d'Hibiscus) délicieux. Un guide Dogon s'installe à ma table, je lui fais vite comprendre que je ne partirai pas avec lui mais il reste néanmoins et on discute tranquillement un petit moment.
Ensuite je reprends ma ballade un peu au pif. Je passe par les ateliers où on recycle les vieux barils en barbecues, je m'enfonce dans le marché le long du fleuve. Il y a beaucoup de choses appetissantes mais il fait tellement chaud que je n'ai pas faim du tout.
En fin d'aprés-midi, je retourne à l'hotel complétement momifié (et dire que les grosses chaleurs n'ont pas encore commencé!!) et je me cale dans le patiot avec un litre d'eau bien fraiche et mon bouquin...
Pour le repas (mon seul repas de la journée) je me rends au "Yérédémé" (aide-toi!) une association de femmes qui fait restaurant et boutique de souvenirs. Le repas est délicieux mais je le passe à coté d'une famille française dont la fille ainée (de l'âge de Morgane) me regarde de temps en temps avec des yeux qui disent "Peuchére!". Va savoir quel drame elle imagine pour que je me retrouve tout seul en Afrique. :)))
Premiére impression : Mopti, c'est de la balle!!
C'est super beau : Les maisons en banco (ainsi que la superbe mosquée!), les avenues ombragées, le Bani qui la traverse et le marché (trés trés) typique. Bref, la bonne giffle! (malheureusement, vous ne pourrez pas voir les superbes photos que j'ai fait parce qu'une certaine Cécile L. est rentrée en France avec mon cable USB. Je propose qu'on lui trouve un gage, j'attends vos propositions!)
Et bien entendu, comme partout au Mali, les gens sont adorables, souriants et avenants.
Je tombe par hasard sur le Bissap café, je m'y installe pour boire un jus... de Bissap (fleurs d'Hibiscus) délicieux. Un guide Dogon s'installe à ma table, je lui fais vite comprendre que je ne partirai pas avec lui mais il reste néanmoins et on discute tranquillement un petit moment.
Ensuite je reprends ma ballade un peu au pif. Je passe par les ateliers où on recycle les vieux barils en barbecues, je m'enfonce dans le marché le long du fleuve. Il y a beaucoup de choses appetissantes mais il fait tellement chaud que je n'ai pas faim du tout.
En fin d'aprés-midi, je retourne à l'hotel complétement momifié (et dire que les grosses chaleurs n'ont pas encore commencé!!) et je me cale dans le patiot avec un litre d'eau bien fraiche et mon bouquin...
Pour le repas (mon seul repas de la journée) je me rends au "Yérédémé" (aide-toi!) une association de femmes qui fait restaurant et boutique de souvenirs. Le repas est délicieux mais je le passe à coté d'une famille française dont la fille ainée (de l'âge de Morgane) me regarde de temps en temps avec des yeux qui disent "Peuchére!". Va savoir quel drame elle imagine pour que je me retrouve tout seul en Afrique. :)))
dimanche 14 février 2010
13 février
Je résiste tant que je peux au soleil mais à 9h30 je suis obligé de sortir en nage de ma tente. La terrasse est deja vide, tout le monde a remballé ses affaires et disparu.
Je cours prendre une douche et je m'installe dans le patiot ombragé et fleuri pour petit-déjeuner. Le lieu est carrément sympa. Ca me rappelle le Sleeping Camel pour l'atmosphére agréable et reposante.
Ensuite, je range ma tente et j'installe pour la premiére fois mon hamac de choc, j'ai trop hâte de le tester!!
La journée passe tranquillement, je peux enfin faire de la guitare plusieurs heures, ça faisait longtemps.
En milieu d'aprés-midi, je tente une sortie. Je pars vers les berges du Bani, je suis sollicité tous les trois pas par des enfants essentiellement : "toubabou!!! donnes-moi des francs!" "toubabou, donnes-moi un cadeau!" "toubabou, bonbons!!!" Je crois qu'ils ont pris quelques mauvaises habitudes... Ca reste quand même trés supportable parce qu'ils n'insistent pas et sont tellement souriant!! La chaleur est encore trop écrasante, je retourne à l'ombre du patiot et bois un litre d'eau cul sec!
Le samedi à l'hotel "Doux rêves" (où je suis donc!) il y a toujours un concert. Je m'installes à une table pendant que les musiciens s'installent, ballafons, percus, danseurs/chanteurs : ils sont neuf au total.
Comme je suis seul, aprés le lâche abandon de Cécile (mais bon : pas de polémiques!) je m'installe à coté d'un groupe auquel les serveuses me croient appartenir. Du coup, je choisi pas mon menu, on m'apporte directement un genre de ragout de mouton. Comme je suis pas un chieur je fais remarquer l'erreur mais je prends quand même. A ce titre je pense que je ne suis déja plus tout à fait français, un vrai français aurait fait un scandale!! Je sais, je les ai vus : toujours des français... toujours!
Dés le début du concert, on nous annonce que ce soir tout le monde doit danser, tout le monde! Alors ça, c'est le genre d'annonce que j'adore, j'ai le démon de la danse en moi qui commence à bouillir! Je me dit que quand même, ils vont pas venir nous tirer sur la piste... que je suis naïf... et bien ils viennent nous tirer un par un sur la piste! J'ai à peine le temps d'imaginer une douleur au genou, que le gars me tire deja par le bras...merdeuu! "j'ai pas le choix?..." "pas le choix!!!" bon...
Ah... moi, la danse c'est mon dada : une aisance, un chaloupé, une énergie... en plus la danse africaine où il faut jeter ses membres dans tous les sens : c'est fait pour moi! Quand on est dans mon cas et qu'il faut absolument danser, être entre amis ça sauve, on fait le con, on discute un peu, la biére à la main et on s'esquive dés que possible. Quand les amis sont pas là, on peut pas faire toutes ces choses, alors on danse "sérieux"... heureusement, il n'y aura jamais aucune preuve video de ce moment de grande solitude.
Lorsque le morceau se termine je me rassois pour manger, le sentiment du devoir accompli.
Une fois le premier plat servi... putain ils remettent ça!!! non!!!!!!!! et biensur c'est quand vous voulez vous faire le plus petit possible que les gens ne voient que vous. J'arrive à esquiver en pretextant finir mon plat. Les danseurs, puis les serveurs et même la patronne de l'hotel viennent réguilérement me chercher. Je trouve toujours la parade. La patronne vient réguliérement me féliciter sarcastiquement pour ma "superbe danse"... Laissez-moi euh!!!!
La musique est vraiment trés bonne, ça joue trés trés bien et en plus y'a de la mise-en-place, c'est pas de l'impro totale comme souvent. Les danseurs aussi sont excellents, on dirait qu'ils font n'importe quoi pais c'est exactement le même n'importe quoi, hyper en place!
Lorsqu'ils annoncent le dernier morceaux je sens qu'il faut absolument que je disparaisse sinon je vais pas y couper. Mais la patronne est sur ma route et un serveur me regarde, je me sens pris au piége... je prends mon courage à deux mains... et je m'échappe. Lorsque je passe devant elle, elle me dit en rigolant "oooh, pour le dernier morceaux quand même..." Je lui fais signe que j'ai pas le temps en lui montrant la montre imaginaire sur mon poignet.
Enfin au calme, je m'installe dans mon hamac, sous les étoiles, il fait frais... trop la classe!
Je cours prendre une douche et je m'installe dans le patiot ombragé et fleuri pour petit-déjeuner. Le lieu est carrément sympa. Ca me rappelle le Sleeping Camel pour l'atmosphére agréable et reposante.
Ensuite, je range ma tente et j'installe pour la premiére fois mon hamac de choc, j'ai trop hâte de le tester!!
La journée passe tranquillement, je peux enfin faire de la guitare plusieurs heures, ça faisait longtemps.
En milieu d'aprés-midi, je tente une sortie. Je pars vers les berges du Bani, je suis sollicité tous les trois pas par des enfants essentiellement : "toubabou!!! donnes-moi des francs!" "toubabou, donnes-moi un cadeau!" "toubabou, bonbons!!!" Je crois qu'ils ont pris quelques mauvaises habitudes... Ca reste quand même trés supportable parce qu'ils n'insistent pas et sont tellement souriant!! La chaleur est encore trop écrasante, je retourne à l'ombre du patiot et bois un litre d'eau cul sec!
Le samedi à l'hotel "Doux rêves" (où je suis donc!) il y a toujours un concert. Je m'installes à une table pendant que les musiciens s'installent, ballafons, percus, danseurs/chanteurs : ils sont neuf au total.
Comme je suis seul, aprés le lâche abandon de Cécile (mais bon : pas de polémiques!) je m'installe à coté d'un groupe auquel les serveuses me croient appartenir. Du coup, je choisi pas mon menu, on m'apporte directement un genre de ragout de mouton. Comme je suis pas un chieur je fais remarquer l'erreur mais je prends quand même. A ce titre je pense que je ne suis déja plus tout à fait français, un vrai français aurait fait un scandale!! Je sais, je les ai vus : toujours des français... toujours!
Dés le début du concert, on nous annonce que ce soir tout le monde doit danser, tout le monde! Alors ça, c'est le genre d'annonce que j'adore, j'ai le démon de la danse en moi qui commence à bouillir! Je me dit que quand même, ils vont pas venir nous tirer sur la piste... que je suis naïf... et bien ils viennent nous tirer un par un sur la piste! J'ai à peine le temps d'imaginer une douleur au genou, que le gars me tire deja par le bras...merdeuu! "j'ai pas le choix?..." "pas le choix!!!" bon...
Ah... moi, la danse c'est mon dada : une aisance, un chaloupé, une énergie... en plus la danse africaine où il faut jeter ses membres dans tous les sens : c'est fait pour moi! Quand on est dans mon cas et qu'il faut absolument danser, être entre amis ça sauve, on fait le con, on discute un peu, la biére à la main et on s'esquive dés que possible. Quand les amis sont pas là, on peut pas faire toutes ces choses, alors on danse "sérieux"... heureusement, il n'y aura jamais aucune preuve video de ce moment de grande solitude.
Lorsque le morceau se termine je me rassois pour manger, le sentiment du devoir accompli.
Une fois le premier plat servi... putain ils remettent ça!!! non!!!!!!!! et biensur c'est quand vous voulez vous faire le plus petit possible que les gens ne voient que vous. J'arrive à esquiver en pretextant finir mon plat. Les danseurs, puis les serveurs et même la patronne de l'hotel viennent réguilérement me chercher. Je trouve toujours la parade. La patronne vient réguliérement me féliciter sarcastiquement pour ma "superbe danse"... Laissez-moi euh!!!!
La musique est vraiment trés bonne, ça joue trés trés bien et en plus y'a de la mise-en-place, c'est pas de l'impro totale comme souvent. Les danseurs aussi sont excellents, on dirait qu'ils font n'importe quoi pais c'est exactement le même n'importe quoi, hyper en place!
Lorsqu'ils annoncent le dernier morceaux je sens qu'il faut absolument que je disparaisse sinon je vais pas y couper. Mais la patronne est sur ma route et un serveur me regarde, je me sens pris au piége... je prends mon courage à deux mains... et je m'échappe. Lorsque je passe devant elle, elle me dit en rigolant "oooh, pour le dernier morceaux quand même..." Je lui fais signe que j'ai pas le temps en lui montrant la montre imaginaire sur mon poignet.
Enfin au calme, je m'installe dans mon hamac, sous les étoiles, il fait frais... trop la classe!
samedi 13 février 2010
12 février
"Il faut être là avant 8h!!!" m'a dit le gars de la Somatra hier.
A 7h45, je suis à la gare routiére, assis bien sagement avec mes sacs et (enfin!!!) ma petite guitare. Et j'attends patiemment, la télé de droite passe des dessins-animés, la télé de gauche passe william Leymergie : mon coeur balance...
J'attends... ...
A 9h00 on charge les bagages. A 9h30 on s'installe (cool, je suis dans les premiers!). A 10h15, on démarre! L'attente en plein cagnard a déja eu raison de moi, je suis trempé!
Le trajet n'est pas passionnant vu que je l'ai deja fait 2 fois avec Cécile il y a quelques jours.
A 16h on est à Ségou. Le temps d'avaler en vitesse un peu de mouton et un jus de Bissap et on repart. En cumulé on a pas dû s'arréter plus d'une heure sur la totalité du trajet.
La nuit arrive, il est 19h30, un dilemne se pose à moi : Descendre au fameux carrefour et tenter de prendre un taxi en espérant qu'il y en ait, au risque de devoir dormir dans la pampa ou, tracer jusqu'à Mopti. Mais vu l'heure qu'il est et la distance sur la carte, je risque fort d'arriver trop tard pour l'hotel et vais devoir passer la nuit à la gare routiére comme à mon arrivée à Bamako...
Finalement, je n'aurai pas de décision à prendre puisque je m'endors et me réveille à... Sévaré!!
Sévaré?? mais c'est aprés Mopti!!!
Je regarde mon routard : en fait la jonction des pages sur la carte a faussé mon jugement (notoirement infaillible), Sévaré se trouve bien avant Mopti (par la route) mais à peine à 15 km. Je regarde l'heure : 22h00! Cool, j'ai le temps d'aller à l'hotel en plus!!
En descendant c'est l'habituelle corrida pour récupérer les bagages tout en discutant avec les taxis qui se battent presque pour m'emmener.
Arrivé à l'hotel on m'annonce direct qu'il n'y a plus de places, gros fussoir!
Mais, il reste des places sur la terrasse : c'est parfait c'est là que je voulais dormir ! La nuit derniére j'ai pas fermé l'oeil à cause de la chaleur : je veux dormir dehors.
Et en plus c'est ce qu'il y a de moins cher!
Bon, même la terrase est bondée mais je trouve quand même un petit coin pour installer ma tente (il faut un peu d'imagination pour la faire tenir vu qu'il est difficle de planter des sardines...) et me voila couché, à Mopti, sous les étoiles.
Comble de luxe : il me reste assez de batterie pour regarder un épisode de Madmen (et oui, encore...)
A 7h45, je suis à la gare routiére, assis bien sagement avec mes sacs et (enfin!!!) ma petite guitare. Et j'attends patiemment, la télé de droite passe des dessins-animés, la télé de gauche passe william Leymergie : mon coeur balance...
J'attends... ...
A 9h00 on charge les bagages. A 9h30 on s'installe (cool, je suis dans les premiers!). A 10h15, on démarre! L'attente en plein cagnard a déja eu raison de moi, je suis trempé!
Le trajet n'est pas passionnant vu que je l'ai deja fait 2 fois avec Cécile il y a quelques jours.
A 16h on est à Ségou. Le temps d'avaler en vitesse un peu de mouton et un jus de Bissap et on repart. En cumulé on a pas dû s'arréter plus d'une heure sur la totalité du trajet.
La nuit arrive, il est 19h30, un dilemne se pose à moi : Descendre au fameux carrefour et tenter de prendre un taxi en espérant qu'il y en ait, au risque de devoir dormir dans la pampa ou, tracer jusqu'à Mopti. Mais vu l'heure qu'il est et la distance sur la carte, je risque fort d'arriver trop tard pour l'hotel et vais devoir passer la nuit à la gare routiére comme à mon arrivée à Bamako...
Finalement, je n'aurai pas de décision à prendre puisque je m'endors et me réveille à... Sévaré!!
Sévaré?? mais c'est aprés Mopti!!!
Je regarde mon routard : en fait la jonction des pages sur la carte a faussé mon jugement (notoirement infaillible), Sévaré se trouve bien avant Mopti (par la route) mais à peine à 15 km. Je regarde l'heure : 22h00! Cool, j'ai le temps d'aller à l'hotel en plus!!
En descendant c'est l'habituelle corrida pour récupérer les bagages tout en discutant avec les taxis qui se battent presque pour m'emmener.
Arrivé à l'hotel on m'annonce direct qu'il n'y a plus de places, gros fussoir!
Mais, il reste des places sur la terrasse : c'est parfait c'est là que je voulais dormir ! La nuit derniére j'ai pas fermé l'oeil à cause de la chaleur : je veux dormir dehors.
Et en plus c'est ce qu'il y a de moins cher!
Bon, même la terrase est bondée mais je trouve quand même un petit coin pour installer ma tente (il faut un peu d'imagination pour la faire tenir vu qu'il est difficle de planter des sardines...) et me voila couché, à Mopti, sous les étoiles.
Comble de luxe : il me reste assez de batterie pour regarder un épisode de Madmen (et oui, encore...)
11 février
A 6h00 le réveil sonne, Cécile a son avion à 8h00.
Le temps de se préparer et on monte dans le premier taxi qu'on croise. Le trajet se fait dans une ambiance super festive, le chauffeur à la bonne idée de nous passer de la bonne vieille musique des années 90 (Gala etc...) youhouhouuu!
L'aéroport est fait de telle maniére que l'on ne peut s'installer ensemble à la cafétéria. On grignote quelques gateaux sur un banc dehors et on se dit aurevoir... c'est la super fête!!
A peine sorti, je me fais brancher par 3 gars qui s'occupent de me trouver un taxi pour le retour. On parle "championnat de France" un peu petit moment ( ils savent tout sur le foot français : Deschamps, Niang, Brandao "qui apparemment se met à jouer quand je suis loin, mais ça va pas durer il est trop bidon !", Gourcuf pére et fils etc...).
Mon taxi arrive, le gars fait au moins 200 kilos (selon l'échelle marseillaise). On s'arréte à une station-service. Comme toujours on est assaillis par des gamins avec leurs sceaux qui veulent une piéce. Comme toujours je refuse mais ce matin il me reste des gateaux du "petit dej". Je fais la distribution, le chauffeur me dit que c'est bien et il lorgne sur ce qu'il reste avec appétit. Lorsque je lui donne il se régale comme si c'était de la grande bouffe, il me remercie plusieurs fois.
En route, une jeune étudiante nous rejoint. Ils discutent en Bambara et de temps en temps le chauffeur se tourne comme pour ponctuer leur conversation : " les femmes, elles m'épuisent!!". Elle lui dit de me traduire ce qu'il disait.
Lui : "Moi, je travaille toute la journée et quand je rentre ma femme elle trouve toujours un truc à me faire faire et puis elle parle trop, moi j'aime pas parler. Du coup, cette nuit j'ai dormi dans ma voiture!"
Elle, morte de rire : " C'est pas ça la vraie raison, dis-lui ce que tu m'as dit"
Lui " les femmes maliennes elle veulent tout le temps faire l'amour, ça me fatigue!!"
Elle : "Il dit que sa femme c'est un morceau de bois, elle bouge pas !"
On la dépose à son université où elle étudie les sciences et on repart dans les embouteillages Bamakois... plus d'une heure pour rentrer alors que l'aller avait pris à peine un quart d'heure.
Je passe la matinée à somnoler, tout guilleret... ...
Vers midi, je passe de la chambre au dortoir où j'ai réservé encore une nuit ici et je pars en ville...
Petit café au CCF. Je suis pas super dispo, une jeune femme s'installe à ma table et m'explique qu'elle a plein de problémes. Je lui réponds par cette phrase hautement philosohique et pleine de compassion : "on a tous des problémes" et je me casse...
Ma mission est de trouver un ordi pour l'association qui doit m'accueillir à Ouagadougou. L'envoi depuis la France a foiré et je compte bien en trouver un pas mal d'occasion ici, quitte à me le trimballer sur le dos...
Je fais plusieurs magasins, on me donne rendez-vous plus tard le temps d'en trouver, on m'emméne en booster pour en tester etc... mais tous les prix qu'on m'annonce sont vraiment trop élevés pour moi...aie!
Probléme remis à plus tard : je dois y réfléchir...
Je trace de l'autre coté de la ville pour réserver bien à l'avance ma place dans le bus, histoire de la choisir pour une fois!
Je prends un billet pour demain 8 heures, il ne s'arrête pas à Djenné, il va à Mopti mais il y a possibilité de s'arréter au carrefour avant et de prendre un taxi... bonne prise de tête en perspective, mais bon : chaque chose en son temps!
Sur le chemin du retour je prends un énorme stock de beignets aux piments que je vais partager devant la télé dans la cour de l'hotel.
A 21h00, je suis au lit. Mad men le retour : ça c'est cool !
Le temps de se préparer et on monte dans le premier taxi qu'on croise. Le trajet se fait dans une ambiance super festive, le chauffeur à la bonne idée de nous passer de la bonne vieille musique des années 90 (Gala etc...) youhouhouuu!
L'aéroport est fait de telle maniére que l'on ne peut s'installer ensemble à la cafétéria. On grignote quelques gateaux sur un banc dehors et on se dit aurevoir... c'est la super fête!!
A peine sorti, je me fais brancher par 3 gars qui s'occupent de me trouver un taxi pour le retour. On parle "championnat de France" un peu petit moment ( ils savent tout sur le foot français : Deschamps, Niang, Brandao "qui apparemment se met à jouer quand je suis loin, mais ça va pas durer il est trop bidon !", Gourcuf pére et fils etc...).
Mon taxi arrive, le gars fait au moins 200 kilos (selon l'échelle marseillaise). On s'arréte à une station-service. Comme toujours on est assaillis par des gamins avec leurs sceaux qui veulent une piéce. Comme toujours je refuse mais ce matin il me reste des gateaux du "petit dej". Je fais la distribution, le chauffeur me dit que c'est bien et il lorgne sur ce qu'il reste avec appétit. Lorsque je lui donne il se régale comme si c'était de la grande bouffe, il me remercie plusieurs fois.
En route, une jeune étudiante nous rejoint. Ils discutent en Bambara et de temps en temps le chauffeur se tourne comme pour ponctuer leur conversation : " les femmes, elles m'épuisent!!". Elle lui dit de me traduire ce qu'il disait.
Lui : "Moi, je travaille toute la journée et quand je rentre ma femme elle trouve toujours un truc à me faire faire et puis elle parle trop, moi j'aime pas parler. Du coup, cette nuit j'ai dormi dans ma voiture!"
Elle, morte de rire : " C'est pas ça la vraie raison, dis-lui ce que tu m'as dit"
Lui " les femmes maliennes elle veulent tout le temps faire l'amour, ça me fatigue!!"
Elle : "Il dit que sa femme c'est un morceau de bois, elle bouge pas !"
On la dépose à son université où elle étudie les sciences et on repart dans les embouteillages Bamakois... plus d'une heure pour rentrer alors que l'aller avait pris à peine un quart d'heure.
Je passe la matinée à somnoler, tout guilleret... ...
Vers midi, je passe de la chambre au dortoir où j'ai réservé encore une nuit ici et je pars en ville...
Petit café au CCF. Je suis pas super dispo, une jeune femme s'installe à ma table et m'explique qu'elle a plein de problémes. Je lui réponds par cette phrase hautement philosohique et pleine de compassion : "on a tous des problémes" et je me casse...
Ma mission est de trouver un ordi pour l'association qui doit m'accueillir à Ouagadougou. L'envoi depuis la France a foiré et je compte bien en trouver un pas mal d'occasion ici, quitte à me le trimballer sur le dos...
Je fais plusieurs magasins, on me donne rendez-vous plus tard le temps d'en trouver, on m'emméne en booster pour en tester etc... mais tous les prix qu'on m'annonce sont vraiment trop élevés pour moi...aie!
Probléme remis à plus tard : je dois y réfléchir...
Je trace de l'autre coté de la ville pour réserver bien à l'avance ma place dans le bus, histoire de la choisir pour une fois!
Je prends un billet pour demain 8 heures, il ne s'arrête pas à Djenné, il va à Mopti mais il y a possibilité de s'arréter au carrefour avant et de prendre un taxi... bonne prise de tête en perspective, mais bon : chaque chose en son temps!
Sur le chemin du retour je prends un énorme stock de beignets aux piments que je vais partager devant la télé dans la cour de l'hotel.
A 21h00, je suis au lit. Mad men le retour : ça c'est cool !
jeudi 11 février 2010
10 février
A peine sorti de la chambre, je me fais alpaguer par Moussa qui dort dans une tente dans la cour. Lorsque je lui lâche qu'on compte aller déjeuner tranquilles, il insiste pour nous emmener chez "son frére" qui tient le "café Dogon" à quelques rues.
Quand on s'installe pour manger, il nous laisse enfin tranquilles le temps qu'on avale notre "nescafé/lait concentré/pain/confiture". Il est sympa mais au réveil, c'est bien de commencer soft, surtout qu'on veut profiter de notre derniére journée ensemble...
Le "bar" en question est sympa mais trés sommaire comme un peu tous les maquis de Bamako. Rien à voir avec ceux de Conakry qui ressemblaient plus au café Damu ( c'est-à-dire terrasse confortable et spacieuse). Ici, c'est souvent un petit cabanon sur le trottoir qui tient lieu de comptoir/cuisine et un petit banc en bois pour les clients, éventuellement une petite table.
Le lieu ne doit pas être souvent fréquenté par des blancs parcequ'un couple qui parait aisé décide de ne pas s'assoir ici à cause de nous. On comprend pas le Bambara mais eux, on les a bien compris! (Il fallait bien qu'il y ait quelques cons aux Mali!).
On promet à Moussa qu'on ira à son magasin pour faire nos emplétes d'avant-départ, il est sympa et il l'a bien mérité.
Petite ballade en ville et on retourne manger au CCF où nous étions hier soir, histoire de profiter du patiot en journée et aussi de la bonne cuisine pas chére qu'on y sert. A coté de nous, il y a ce même homme d'affaire arabe qui se prend pour le maitre du monde, trés éxaspérant!!
Ensuite, re-ballade en ville jusqu'au magasin "Afric-art" où nous conduit un gars dans la rue.
Moussa nous y rejoint un bon quart d'heure plus tard.
On s'installe confortablement aprés avoir fait notre choix et on commence à discuter. Il a beau dire : " Ici on fait pas comme chez vous, je donne un prix mais aprés je vais baisser, de toute façon on est en famille", on finit par lui lâcher une somme sympathique (pour ici!). On est descendu un peu quand même et en s'accrochant on aurait pu avoir moins mais si c'est juste pour avoir la satisfaction d'avoir marchandé ça n'a pas beaucoup d'intéret : le but c'est de faire nos achats sans se ruiner mais de façon à ce que ce soit intéressant aussi pour lui ...
Pause obligatoire de ré-hydratation au frais : aujourd'hui il fait une chaleur terrible!
Quelques achats de plus, notamment au marché aux fruits et on rentre à l'hotel.
Là, nous attend un défi que nous avions repoussé jusqu'au dernier moment : faire aussi bien que Michel pour emballer la guitare marrakchi qui est plus grosse que l'autre... On galére un petit moment avec ça, on récupére les emballages mais notre mauvais scotch de bureau est inéfficace et puis il manque des bouts de carton!
On repart en urgence en ville, on achéte un gros rouleau de chatterton et on demande si on peut récupérer du carton dans quelques magasins d'électro-ménager. Bien entendu, il n'en est pas question, dans un pays où tout se recycle, le carton reste utile trés longtemps, alors le donner à des toubabs en plus!
On s'en sort finalement pas si mal, reste un gros trou dans notre emballage autour de la caisse mais on verra plus tard.
On part manger au resto végétarien où j'avai mangé à mon arrivée à Bamako avec Mikael.
C'est une jeune toulousaine qui tient l'établissement ce soir. Elle nous raconte qu'elle est avec un Malien, le propriétaire des lieux. Ils pensaient faire les aller-retours avec la France "mais les choses n'ont pas tourné comme on voulait, j'ai dit à ma famille que je partai un mois et ça fait un an que je les ai pas vus."
En plus, lui n'est pas là actuellement donc elle doit tenir le resto seule et comme elle vient de trouver du boulot dans une école elle commence à sérieusement fatiguer... On est en train de discuter quand un grand gaillard vient s'assoir entre elle et nous, nature, et commence à la brancher lourdement. Cécile trouve qu'elle a beaucoup de patience, j'imagine qu'elle doit rester diplomate pour s'intégrer...
Le repas est trés bon, on rentre à l'hotel directement aprés. Couchés depuis quelques minutes on se souvient que le carton pour la guitare n'est pas fini. Plan B : on découpe mon tapis de sol et on finit l'emballage avec !! Le résultat est une pure merveille de maitrise ety d'harmonisation des matiéres. Pour l'efficacité... on verra bien!
Quand on s'installe pour manger, il nous laisse enfin tranquilles le temps qu'on avale notre "nescafé/lait concentré/pain/confiture". Il est sympa mais au réveil, c'est bien de commencer soft, surtout qu'on veut profiter de notre derniére journée ensemble...
Le "bar" en question est sympa mais trés sommaire comme un peu tous les maquis de Bamako. Rien à voir avec ceux de Conakry qui ressemblaient plus au café Damu ( c'est-à-dire terrasse confortable et spacieuse). Ici, c'est souvent un petit cabanon sur le trottoir qui tient lieu de comptoir/cuisine et un petit banc en bois pour les clients, éventuellement une petite table.
Le lieu ne doit pas être souvent fréquenté par des blancs parcequ'un couple qui parait aisé décide de ne pas s'assoir ici à cause de nous. On comprend pas le Bambara mais eux, on les a bien compris! (Il fallait bien qu'il y ait quelques cons aux Mali!).
On promet à Moussa qu'on ira à son magasin pour faire nos emplétes d'avant-départ, il est sympa et il l'a bien mérité.
Petite ballade en ville et on retourne manger au CCF où nous étions hier soir, histoire de profiter du patiot en journée et aussi de la bonne cuisine pas chére qu'on y sert. A coté de nous, il y a ce même homme d'affaire arabe qui se prend pour le maitre du monde, trés éxaspérant!!
Ensuite, re-ballade en ville jusqu'au magasin "Afric-art" où nous conduit un gars dans la rue.
Moussa nous y rejoint un bon quart d'heure plus tard.
On s'installe confortablement aprés avoir fait notre choix et on commence à discuter. Il a beau dire : " Ici on fait pas comme chez vous, je donne un prix mais aprés je vais baisser, de toute façon on est en famille", on finit par lui lâcher une somme sympathique (pour ici!). On est descendu un peu quand même et en s'accrochant on aurait pu avoir moins mais si c'est juste pour avoir la satisfaction d'avoir marchandé ça n'a pas beaucoup d'intéret : le but c'est de faire nos achats sans se ruiner mais de façon à ce que ce soit intéressant aussi pour lui ...
Pause obligatoire de ré-hydratation au frais : aujourd'hui il fait une chaleur terrible!
Quelques achats de plus, notamment au marché aux fruits et on rentre à l'hotel.
Là, nous attend un défi que nous avions repoussé jusqu'au dernier moment : faire aussi bien que Michel pour emballer la guitare marrakchi qui est plus grosse que l'autre... On galére un petit moment avec ça, on récupére les emballages mais notre mauvais scotch de bureau est inéfficace et puis il manque des bouts de carton!
On repart en urgence en ville, on achéte un gros rouleau de chatterton et on demande si on peut récupérer du carton dans quelques magasins d'électro-ménager. Bien entendu, il n'en est pas question, dans un pays où tout se recycle, le carton reste utile trés longtemps, alors le donner à des toubabs en plus!
On s'en sort finalement pas si mal, reste un gros trou dans notre emballage autour de la caisse mais on verra plus tard.
On part manger au resto végétarien où j'avai mangé à mon arrivée à Bamako avec Mikael.
C'est une jeune toulousaine qui tient l'établissement ce soir. Elle nous raconte qu'elle est avec un Malien, le propriétaire des lieux. Ils pensaient faire les aller-retours avec la France "mais les choses n'ont pas tourné comme on voulait, j'ai dit à ma famille que je partai un mois et ça fait un an que je les ai pas vus."
En plus, lui n'est pas là actuellement donc elle doit tenir le resto seule et comme elle vient de trouver du boulot dans une école elle commence à sérieusement fatiguer... On est en train de discuter quand un grand gaillard vient s'assoir entre elle et nous, nature, et commence à la brancher lourdement. Cécile trouve qu'elle a beaucoup de patience, j'imagine qu'elle doit rester diplomate pour s'intégrer...
Le repas est trés bon, on rentre à l'hotel directement aprés. Couchés depuis quelques minutes on se souvient que le carton pour la guitare n'est pas fini. Plan B : on découpe mon tapis de sol et on finit l'emballage avec !! Le résultat est une pure merveille de maitrise ety d'harmonisation des matiéres. Pour l'efficacité... on verra bien!
mercredi 10 février 2010
9 février
Le temps de dire aurevoir à tout le personnel trés sympathique du "Sleeping Camel", de prendre une photo avec Cheik qui est trés fier de sa chemise taillée sur le modéle de celle de Stephane (tailleur champion : 3 heures chrono pour couper et coudre!!), on charge notre barda et on trace vers le centre-ville.
Nous avions réservé la semaine derniére nos deux derniéres nuits à la maison d'hôte "Lafia".
L'accueil est toujours aussi chaleureux. Ici, rien à voir avec le calme "protégé" du sleeping, on est au coeur de la ville chez l'habitant, les femmes font la lessive dans la cour pendant que les hommes regardent la télé sur un petit banc en bois, les enfants s'amusent... la vraie vie des bamakois :)
Ballade vers la Cathédrale qu'on voulait visiter mais malheureusement elle n'ouvre que pour les messes...
En fin d'aprés-midi, on câle 2 heures dans notre chambre, terrassés par la chaleur...
Puis, on sort pour aller manger.
L'air Bamakois est saturé d'une fumée épaisse, on comprend mieux pourquoi de nombreuses personnes portent des masques. Il est carrément difficile parfois de respirer entre la pollution, la poussiére et les nombreux feux allumés un peu partout!
Le repas que l'on nous sert au restaurant du CCF est excellent! Le service impeccable et les serveur trés sympathiques (même si la femme au comptoir inverse notre note avec une autre table "excusez-la, son mari est parti avec une autre femme" nous dit l'un des serveurs en riant!).
Nous avions réservé la semaine derniére nos deux derniéres nuits à la maison d'hôte "Lafia".
L'accueil est toujours aussi chaleureux. Ici, rien à voir avec le calme "protégé" du sleeping, on est au coeur de la ville chez l'habitant, les femmes font la lessive dans la cour pendant que les hommes regardent la télé sur un petit banc en bois, les enfants s'amusent... la vraie vie des bamakois :)
Ballade vers la Cathédrale qu'on voulait visiter mais malheureusement elle n'ouvre que pour les messes...
On flâne dans la ville, nous nous nourrissons exclusivement de beignets le midi depuis que nous les avons découverts : tout simples, bien gras mais délicieux...(et la sauce piments, aie aie aie!!!)
Puis, on sort pour aller manger.
L'air Bamakois est saturé d'une fumée épaisse, on comprend mieux pourquoi de nombreuses personnes portent des masques. Il est carrément difficile parfois de respirer entre la pollution, la poussiére et les nombreux feux allumés un peu partout!
Le repas que l'on nous sert au restaurant du CCF est excellent! Le service impeccable et les serveur trés sympathiques (même si la femme au comptoir inverse notre note avec une autre table "excusez-la, son mari est parti avec une autre femme" nous dit l'un des serveurs en riant!).
mardi 9 février 2010
8 février
Réveil au "Sleeping Camel" dans le calme et la douceur ambiante...
Gros petit déj' à la française au café Amandine, le bar "hyppé" de Badalabougou.
Un coup de taxi et on se retrouve en centre-ville, longue marche au hasard dans les rues, sous le cagnard. On passe par le marché pour acheter quelques épices en traversant la halle surchauffée de vente de viande à l'étalage (petite accélération du pas et apnée obligatoire!).
On s'arrête pour boire un coup au musée de Bamako qui semble totalement abandonné. On ne dépassera pas le parc tant les statues qui s'y trouvent nous paraissent déja bien défraichies. A noter : le prix de la photo (100Fcfa) et du filmage (2400Fcfa). Donc pas de photos!!
Journée à marcher et à boire des coups. On alterne des moments de folie (brouhahas, surpopulation, des voitures dans tous les sens, impossible de marcher...) avec des pauses de calme pour récupérer un peu...
Retour au Sleeping en fin d'aprés-midi pour se doucher et se préparer, ce soir on fête notre brune au "Savana"!!
Le taxi nous dépose devant le Savana fermé (...tous les lundis!). On se démonte pas, on fêtera notre brune coûte que coûte! Ce sera au "Diplomate" un peu plus loin, bar-resto fréquenté par la haute de Bamako et les toubabs expatriés. Tenu d'ailleurs par un français à l'allure 100% expat' ( le bidon fier, la nuque longue blanche et la calvitie!)
Soirée trés sympa, : trés trés bonne bouffe, on enfin pu remanger de l'atiéké (mais version gastronomique), excellent capitaine...
Gros petit déj' à la française au café Amandine, le bar "hyppé" de Badalabougou.
Un coup de taxi et on se retrouve en centre-ville, longue marche au hasard dans les rues, sous le cagnard. On passe par le marché pour acheter quelques épices en traversant la halle surchauffée de vente de viande à l'étalage (petite accélération du pas et apnée obligatoire!).
On s'arrête pour boire un coup au musée de Bamako qui semble totalement abandonné. On ne dépassera pas le parc tant les statues qui s'y trouvent nous paraissent déja bien défraichies. A noter : le prix de la photo (100Fcfa) et du filmage (2400Fcfa). Donc pas de photos!!
Journée à marcher et à boire des coups. On alterne des moments de folie (brouhahas, surpopulation, des voitures dans tous les sens, impossible de marcher...) avec des pauses de calme pour récupérer un peu...
Retour au Sleeping en fin d'aprés-midi pour se doucher et se préparer, ce soir on fête notre brune au "Savana"!!
Le taxi nous dépose devant le Savana fermé (...tous les lundis!). On se démonte pas, on fêtera notre brune coûte que coûte! Ce sera au "Diplomate" un peu plus loin, bar-resto fréquenté par la haute de Bamako et les toubabs expatriés. Tenu d'ailleurs par un français à l'allure 100% expat' ( le bidon fier, la nuque longue blanche et la calvitie!)
Soirée trés sympa, : trés trés bonne bouffe, on enfin pu remanger de l'atiéké (mais version gastronomique), excellent capitaine...
PETIT APARTE...
Pour remercier la famille qui m'a si gentiment reçu à Saint-Louis, j'aimerai vraiment participer à l'amélioration de leur quotidien.
La meilleure solution me parait être d'offrir à l'un d'entre eux un outil de travail plutôt que de l'argent!
En réfléchissant et en me renseignant un peu, j'aimerai acheter une voiture à Thiérno afin qu'il puisse devenir taxi à son compte et à Saint-louis (il est obligé de chercher du travail à Nouakchott actuellement).
On trouve en France de vieilles Mercedes à moins de 1500€ qui peuvent servir encore des années en Afrique.
Si certains d'entre vous veulent participer à l'achat de cette voiture, ils sont les bienvenus ;)
Il reste encore quelques questions à régler comme par exemple l'acheminement jusqu'au Sénégal, si ça branche quelqu'un un petit voyage vers le sud, avis aux amateurs ! (et l'accueil à destination est garanti!!)
Voila, c'est une idée comme ça, on va essayer d'aller au bout et si c'est pas réalisable on cherchera autre chose, si vous avez des suggestions, n'hésitez pas...
La meilleure solution me parait être d'offrir à l'un d'entre eux un outil de travail plutôt que de l'argent!
En réfléchissant et en me renseignant un peu, j'aimerai acheter une voiture à Thiérno afin qu'il puisse devenir taxi à son compte et à Saint-louis (il est obligé de chercher du travail à Nouakchott actuellement).
On trouve en France de vieilles Mercedes à moins de 1500€ qui peuvent servir encore des années en Afrique.
Si certains d'entre vous veulent participer à l'achat de cette voiture, ils sont les bienvenus ;)
Il reste encore quelques questions à régler comme par exemple l'acheminement jusqu'au Sénégal, si ça branche quelqu'un un petit voyage vers le sud, avis aux amateurs ! (et l'accueil à destination est garanti!!)
Voila, c'est une idée comme ça, on va essayer d'aller au bout et si c'est pas réalisable on cherchera autre chose, si vous avez des suggestions, n'hésitez pas...
lundi 8 février 2010
7 Février
Levés à 6h00! Et oui, un chauffeur nous attend pour prendre la piste dés 7 h. Mais cette fois, c'est pas un taxi pourri mais le transfert de l'hotel et on a donc droit à un super pickup 4X4 flambant pour affronter le "désert".
En moins d'une demi-heure nous atteignons le goudron. C'est là qu'il nous dépose dans un petit village pour que nous prenions le premier bus qui passe.
A peine descendus du pickup, un petit garçon, Yaya, nous apporte deux chaises en plastique et nous voila installés au bord de la route à la fraiche. Le petit village se réveille petit à petit, certains dorment encore derriére nous à même le sol, les femmes commencent à piler le mil et les enfants sont deja trés actifs pour préparer les étalages, la "station service" etc...
Le taxi qui nous y amène, Sambala, nous demande 2000 Fcfa pour la course, mais on connait les tarifs, il n'insiste pas, ensuite il demande :
"vous m'avez payé déja?"
"ben, non!"
"Vous attendez quoi?"
"D'arriver à destination!"
Il rigole : "Ah, vous connaissez la chanson!"
Il nous dit qu'il a vécu 5 ans à Montréal et qu'il aime bien la mentalité occidentale, mais qu'il est parti un peu tard, à 47 ans, et que son pays lui manquait trop. Il nous prédit que nous y serons heureux : " ils aiment les gens là-bas !" c'est encourageant :)
Finalement, nous prenons son contact au cas où et lui donnons 2000 Fcfa parce qu'il est sympathique et trés commerçant ;)
Aprés avoir englouti une pizza chacun (seul repas de la journée!) nous allons faire un tour au Cyber café et là... surprise!!! NOUS AVONS RECU NOTRE BRUNE!!!
Et là, vous vous dites : mais, qu'est-ce que c'est qu'une brune?
Et bien en langage d'immigrant canadien, c'est la confirmation de l'émission de nos visas de résidents permanents. En gros, on peut désormais partir vivre quand on veut au Canada :))))))) Champagne!!!
(enfin, Flag pour Stephane et gros rouge qui tache pour moi !!)
En moins d'une demi-heure nous atteignons le goudron. C'est là qu'il nous dépose dans un petit village pour que nous prenions le premier bus qui passe.
A peine descendus du pickup, un petit garçon, Yaya, nous apporte deux chaises en plastique et nous voila installés au bord de la route à la fraiche. Le petit village se réveille petit à petit, certains dorment encore derriére nous à même le sol, les femmes commencent à piler le mil et les enfants sont deja trés actifs pour préparer les étalages, la "station service" etc...
Vers 8h15, nous montons dans le premier bus qui passe en direction de Ségou. Retour dans le roots, nous sommes accueillis par une délicate odeur de charogne, il faut enjamber plusieurs sacs pour atteindre 2 siéges complétement défoncés, au fond, sur le moteur. L'hygiéne demanderait une sérieuse révision, interdit ne serait-ce que de poser sa tête contre le fauteuil ! Les vitres sont parsemées de déjections nasales...
mmm... nous n'avons pas encore déjeuné...
Pourtant, à chaque arrêt, les vendeurs se jettent sur le bus pour nous vendre de tout (igname, lait, oeufs, cacahuètes, gateaux, boissons etc...). Tout le monde mange allégrement sauf nous, peut-être sommes-nous un peu trop délicats?...
Arrivée à Ségou un peu plus de deux heures plus tard. Opération retrait d'argent (nous sommes à sec!). La troisiéme banque est la bonne (!!).
De nouveau riches, nous allons prendre nos tickets à la station Somatra que nous adoptons définitivement : pas de crottes de nez, pas d'odeur de charogne et pas de poules!
Et c'est reparti pour 3 à 4 heures en direction de Bamako. Les conditions sont meilleures mais quand même : Nous sommes esquichés entre la vitre et une voluptueuse femme qui accueillera gentiment Stephane sous son aisselle pendant tout le voyage...
Nous arrivons à Bamako en fin d'aprés-midi complétement desséchés et épuisés, nous ne cherchons pas d'hotel, nous allons directement au Sleeping Camel où nous savons que l'accueil sera sympathique (les chambres aussi d'ailleurs). Le taxi qui nous y amène, Sambala, nous demande 2000 Fcfa pour la course, mais on connait les tarifs, il n'insiste pas, ensuite il demande :
"vous m'avez payé déja?"
"ben, non!"
"Vous attendez quoi?"
"D'arriver à destination!"
Il rigole : "Ah, vous connaissez la chanson!"
Il nous dit qu'il a vécu 5 ans à Montréal et qu'il aime bien la mentalité occidentale, mais qu'il est parti un peu tard, à 47 ans, et que son pays lui manquait trop. Il nous prédit que nous y serons heureux : " ils aiment les gens là-bas !" c'est encourageant :)
Finalement, nous prenons son contact au cas où et lui donnons 2000 Fcfa parce qu'il est sympathique et trés commerçant ;)
Aprés avoir englouti une pizza chacun (seul repas de la journée!) nous allons faire un tour au Cyber café et là... surprise!!! NOUS AVONS RECU NOTRE BRUNE!!!
Et là, vous vous dites : mais, qu'est-ce que c'est qu'une brune?
Et bien en langage d'immigrant canadien, c'est la confirmation de l'émission de nos visas de résidents permanents. En gros, on peut désormais partir vivre quand on veut au Canada :))))))) Champagne!!!
(enfin, Flag pour Stephane et gros rouge qui tache pour moi !!)
dimanche 7 février 2010
3, 4, 5, 6 février
3 Février
Réveil vers 9 heures, petit déj' (toujours sur la terrasse, les pilotis, le Niger etc...).
Petit tour en ville pour trouver un nouvel hotel, on retourne chez les soeurs blanches mais il n'y a plus de place...
On mange un petit riz au gras chez "Damu" (très bon d'ailleurs) et là on recontre Moussa qui nous tient la jambe pendant tout le repas pour nous vendre un tour en pirogue chez les Dogons (sympa mais un peu bavard...). On en veut pas de son tour de pirogue (un peu cher pour nous en fait) mais par contre il nous indique un hôtel pas loin et pas cher.
L'hôtel se trouve en plein centre, c'est chez l'habitant, très propre, très sympa et pas cher !
Puis nous allons faire un tour au Musée national, petite visite, petite boissons sur la terrasse (jus de Tamarin et de baobab), puis nous avons assisté aux répétitions d'un spectacle de danse.
Retour en taxi vers le centre ville, petit détour par le "Sleeping Camel" où nous comptions trouver Mikael, mais il n'était pas là... c'est pas grave nous profitons de l'excellente cuisine et du calme ambiant...
4 Février
On se lève tard, on file au Centre Culturel Français prendre un café, on grignote vite fait et on trace prendre le bus pour Ségou.
C'est parti pour 3 à 4 h de bonheur ! bus plein, il est 14h, le soleil frappe et il fait chauuuuuuuud, heureusement la promiscuité rechauffe ! Il faut éviter les vaches, les chèvres, les ânes, les poules, les gens et les énooormes camions surchargés qui viennent en face !
Arrivée à Ségou vers 18 h, première mission : trouver un hôtel (c'est pas facile avec le Festival, tout est complet). La seule chambre que l'on trouve (si on peut appeler ça une chambre) ressemble à un squatt de toxicos, si ça c'est pas du roots !!! Un lit fait de quatre planches, un carré de mousse en guise de matelas, un drap qui semble être là depuis plusieurs siècles et la salle de bain !!! Ah oui parce que c'est un chambre avec salle de bain ! enfin... des toilettes dans un état de décomposition avancée, une douche (un tuyeau qui sort du mur avec une mauvaise poire et les robinets qui restent dans la main), enfin le grand luxe quoi !
On s'échappe dès qu'on peut tellement c'est sordide...
Ce soir c'est concert sur le Niger, le site est super beau, l'ambiance géniale, tout le monde est là pour faire la fête : un super moment !
05 Février
Lévés vers 10h, petit café au bord du Niger (vue magnifique). Nous décidons néanmoins de quitter Ségou, l'attraction du Festival fait que les marchands ambulants traquent tout ce qui bouge, il faut être très patient... et puis tous les autres hôtels sont complets et il est hors de question qu'on redorme dans celui d'hier !
Grâce au routard nous n'avons jamais trouvé les bus pour Teriya Bugu (notre prochaine destination) l'heure tourne et nous n'avons aucune envie de rester là...
Nous négocions avec un taxi pour qu'il nous y amène directement.
Nous voilà partis pour environs 50 km de goudron et 37 km de piste (roots là aussi le taxi hein, pas celui avec la clim et des amortisseurs, non, un bien pourri, attention les fesses !).
Nous mettons moins de deux heures à atteindre le "Paradis du Mali" tel qu'il est décrit partout. C'est vrai que vu le désert que l'on traverse pour y arriver, on a douté jusqu'à la dernière minute.
Mais c'est bien vrai !!!! Le paradis existe !!! Nous y voilà !
En plus, Saint Pierre (qui se nomme Isaï ici) nous offre une chambre climatisée pour le prix d'une ventilée.
Petit plouf dans la piscine bien mérité, excellent repas, excellente nuit, merci la vie !
06 Février
Programme du jour : FARNIENTE (le retour)
Nous avons toute la journée pour découvrir ce petit Paradis qui a été créé de toute pièce dans les années 70 par un prêtre et un pêcheur du coin. C'est un centre de vacances solidaires (en plus on fait une bonne action !), qui vit en quasi-autonomie (production d'électricité, traitement de l'eau, culture, pêche, élevage, production de carburant végétal...), bref ce lieu fait vivre plus de 5000 personnes aux alentours !
voici le lien si vous voulez y faire un tour : http://www.tb-mali.com/
Et en plus de tout ça nous pouvons visiter le mini-zoo, le musée, les plantations et la nourriture est vraiment excellente ! Si un jour vous avez l'occasion de venir au Mali, ça vaut le coup de venir dépenser son argent ici.
(penser quand même à prendre suffisament d'argent car il n'y à aucun distributeur à moins de 100 km environs).
Réveil vers 9 heures, petit déj' (toujours sur la terrasse, les pilotis, le Niger etc...).
Petit tour en ville pour trouver un nouvel hotel, on retourne chez les soeurs blanches mais il n'y a plus de place...
On mange un petit riz au gras chez "Damu" (très bon d'ailleurs) et là on recontre Moussa qui nous tient la jambe pendant tout le repas pour nous vendre un tour en pirogue chez les Dogons (sympa mais un peu bavard...). On en veut pas de son tour de pirogue (un peu cher pour nous en fait) mais par contre il nous indique un hôtel pas loin et pas cher.
L'hôtel se trouve en plein centre, c'est chez l'habitant, très propre, très sympa et pas cher !
Puis nous allons faire un tour au Musée national, petite visite, petite boissons sur la terrasse (jus de Tamarin et de baobab), puis nous avons assisté aux répétitions d'un spectacle de danse.
4 Février
On se lève tard, on file au Centre Culturel Français prendre un café, on grignote vite fait et on trace prendre le bus pour Ségou.
C'est parti pour 3 à 4 h de bonheur ! bus plein, il est 14h, le soleil frappe et il fait chauuuuuuuud, heureusement la promiscuité rechauffe ! Il faut éviter les vaches, les chèvres, les ânes, les poules, les gens et les énooormes camions surchargés qui viennent en face !
On s'échappe dès qu'on peut tellement c'est sordide...
Ce soir c'est concert sur le Niger, le site est super beau, l'ambiance géniale, tout le monde est là pour faire la fête : un super moment !
05 Février
Lévés vers 10h, petit café au bord du Niger (vue magnifique). Nous décidons néanmoins de quitter Ségou, l'attraction du Festival fait que les marchands ambulants traquent tout ce qui bouge, il faut être très patient... et puis tous les autres hôtels sont complets et il est hors de question qu'on redorme dans celui d'hier !
Grâce au routard nous n'avons jamais trouvé les bus pour Teriya Bugu (notre prochaine destination) l'heure tourne et nous n'avons aucune envie de rester là...
Nous négocions avec un taxi pour qu'il nous y amène directement.
Nous voilà partis pour environs 50 km de goudron et 37 km de piste (roots là aussi le taxi hein, pas celui avec la clim et des amortisseurs, non, un bien pourri, attention les fesses !).
Mais c'est bien vrai !!!! Le paradis existe !!! Nous y voilà !
Petit plouf dans la piscine bien mérité, excellent repas, excellente nuit, merci la vie !
06 Février
Programme du jour : FARNIENTE (le retour)
Nous avons toute la journée pour découvrir ce petit Paradis qui a été créé de toute pièce dans les années 70 par un prêtre et un pêcheur du coin. C'est un centre de vacances solidaires (en plus on fait une bonne action !), qui vit en quasi-autonomie (production d'électricité, traitement de l'eau, culture, pêche, élevage, production de carburant végétal...), bref ce lieu fait vivre plus de 5000 personnes aux alentours !
voici le lien si vous voulez y faire un tour : http://www.tb-mali.com/
Et en plus de tout ça nous pouvons visiter le mini-zoo, le musée, les plantations et la nourriture est vraiment excellente ! Si un jour vous avez l'occasion de venir au Mali, ça vaut le coup de venir dépenser son argent ici.
(penser quand même à prendre suffisament d'argent car il n'y à aucun distributeur à moins de 100 km environs).
mercredi 3 février 2010
2 février
Levé cool, petit déj sur la terrasse, petit plouf dans la piscine, la routine quoi !
Puis départ vers le centre ville à pied, longue marche, grosse chaleur et gros coup de soleil (et oui, fallait y penser aussi à mettre de la crème solaire, on est le 2 février !!!).
On décide d'aller chez les soeurs blanches pour réserver une chambre.
En chemin on croise un gars qui nous interpelle en anglais :
"c'est loin d'ici l'aéroport ?"
"nooooon, juste 11 km !"
"vous parlez anglais ??? personne ne me comprends ici ! c'est merveilleux !"
et là il commence à nous raconter qu'il est Jamaïcain, qu'il est musicien de jazz et qu'il joue à Paris, New York, avec Brandford Marsalis (excusez du peu !) etc... hier soir il a joué avec des musiciens d'ici et lorsqu'il est allé aux toilettes, on lui a volé son saxophone (sa "femme", son "pote", sa "vie")...
Il sort une anche pour nous prouver qu'il ne ment pas (pourquoi vouloir nous prouver quoi que ce soit d'ailleurs ?). Il parait trés sympa et n'arrête pas de dire qu'on est un cadeau du ciel... mais il veut quoi exactement ? Bizarrement un peu d'argent l'aiderait bien... il pourrait prendre un taxi pour l'aéroport, son avion décolle dans un heure et quitter ce "maudit" pays !!! (parce qu'il semblerait que son argent était dans son saxophone). Nous y voilà !
Avec toute la pauvreté qu'il y a autour de nous, lui filer du fric à lui qui a l'air cultivé et bien habillé, ça nous emballe pas des masses... mais bon, on arrive à trouver un compromis pour pas le laisser dans la galère, on lui file 1000 Fcfa pour qu'il puisse appeler son "manager".
Résultat : nous avons gagné un ami pour l'E-TER-NI-TE, il prend notre mail pour nous envoyer son album en MP3, ouais... on verra bien... néanmoins il est bien allé s'acheter une carte téléphonique (et si Stephane venait de décrocher un plan pour jouer avec B. Marsalis ??? ) :)
Les soeurs n'ont jamais ouvert la porte (les voies du seigneurs sont impénétrables !)
Petit passage au café Damu où on rencontre Bakari le frère d'Ousmane que Stephane avait rencontré le premier jour, très sympa.
Retour à Center Park, replouf, apéro-concert, coktail, pichet de vin rouge et... dodo !
Puis départ vers le centre ville à pied, longue marche, grosse chaleur et gros coup de soleil (et oui, fallait y penser aussi à mettre de la crème solaire, on est le 2 février !!!).
On décide d'aller chez les soeurs blanches pour réserver une chambre.
En chemin on croise un gars qui nous interpelle en anglais :
"c'est loin d'ici l'aéroport ?"
"nooooon, juste 11 km !"
"vous parlez anglais ??? personne ne me comprends ici ! c'est merveilleux !"
et là il commence à nous raconter qu'il est Jamaïcain, qu'il est musicien de jazz et qu'il joue à Paris, New York, avec Brandford Marsalis (excusez du peu !) etc... hier soir il a joué avec des musiciens d'ici et lorsqu'il est allé aux toilettes, on lui a volé son saxophone (sa "femme", son "pote", sa "vie")...
Il sort une anche pour nous prouver qu'il ne ment pas (pourquoi vouloir nous prouver quoi que ce soit d'ailleurs ?). Il parait trés sympa et n'arrête pas de dire qu'on est un cadeau du ciel... mais il veut quoi exactement ? Bizarrement un peu d'argent l'aiderait bien... il pourrait prendre un taxi pour l'aéroport, son avion décolle dans un heure et quitter ce "maudit" pays !!! (parce qu'il semblerait que son argent était dans son saxophone). Nous y voilà !
Avec toute la pauvreté qu'il y a autour de nous, lui filer du fric à lui qui a l'air cultivé et bien habillé, ça nous emballe pas des masses... mais bon, on arrive à trouver un compromis pour pas le laisser dans la galère, on lui file 1000 Fcfa pour qu'il puisse appeler son "manager".
Résultat : nous avons gagné un ami pour l'E-TER-NI-TE, il prend notre mail pour nous envoyer son album en MP3, ouais... on verra bien... néanmoins il est bien allé s'acheter une carte téléphonique (et si Stephane venait de décrocher un plan pour jouer avec B. Marsalis ??? ) :)
Les soeurs n'ont jamais ouvert la porte (les voies du seigneurs sont impénétrables !)
Petit passage au café Damu où on rencontre Bakari le frère d'Ousmane que Stephane avait rencontré le premier jour, très sympa.
Retour à Center Park, replouf, apéro-concert, coktail, pichet de vin rouge et... dodo !
mardi 2 février 2010
30 31 janvier et 1er février
30 janvier :
Journée vide... j'attends... flag, guitare, bouquin, siéste...
31 janvier :
Journée presque vide...
A 11h je suis à l'hotel, petit concert sur la terrasse au dessus du Niger :). Je passe l'aprés-midi tranquillou, devant la télé (!) à regarder canal + (!!) et la finale de la CAN, la clim à bloc!!! je suis en France!
A 20h30, je pars pour l'aéroport (cécile arrive à 23h35!!), à 21h30, on repart à l'hotel (j'ai 2 heures à tuer alors j'accopagne le chauffeur qui raméne un premier groupe de touristes). Retour à l'aéroport...
00h15 : Cécile est là!!
Tout va bien, elle est entiére!
...Je lui passe le relais :
1er février :
Coucou la France ! Je suis au Mali ! Si si c'est bien vrai, même moi j'y crois pas encore !!!! Trop dur l'acclimatation, difficile de supporter la chaleur ici. Alors on essaie de survivre avec les moyens du bord :
Journée vide... j'attends... flag, guitare, bouquin, siéste...
31 janvier :
Journée presque vide...
A 11h je suis à l'hotel, petit concert sur la terrasse au dessus du Niger :). Je passe l'aprés-midi tranquillou, devant la télé (!) à regarder canal + (!!) et la finale de la CAN, la clim à bloc!!! je suis en France!
A 20h30, je pars pour l'aéroport (cécile arrive à 23h35!!), à 21h30, on repart à l'hotel (j'ai 2 heures à tuer alors j'accopagne le chauffeur qui raméne un premier groupe de touristes). Retour à l'aéroport...
00h15 : Cécile est là!!
Tout va bien, elle est entiére!
...Je lui passe le relais :
1er février :
Coucou la France ! Je suis au Mali ! Si si c'est bien vrai, même moi j'y crois pas encore !!!! Trop dur l'acclimatation, difficile de supporter la chaleur ici. Alors on essaie de survivre avec les moyens du bord :
Trop dure la vie !
Nous sommes pour l'instant dans un hôtel pour toubabs ou noirs TRES riches (mais c'est plus rare). C'est super beau avec le Niger qui passe carrément au bord, la terrasse sur pilotis au dessus... Môgnifique !
On y reste jusqu'à mercredi et après on ira voir un peu ailleurs, sortir de ce petit monde protégé et voir un peu la "vraie" Afrique.
Voilà, c'est le top d'être ici avec Stéphane et de partager un petit bout de ce voyage...
Le matin, réveil dans ce cadre merveilleux, petit bain dans la piscine, farniente, restaurant... les vrais touristes quoi ! Le soir petit concert sur la belle terrasse et quelques verres de rosé de l'Hérault (!)
Enfin... la vie est belle ;)
samedi 30 janvier 2010
29 janvier
Il était temps que je m'en soucie : c'est à bamako que je dois faire faire mon visa pour le Burkina Faso.
Je héle le premier taxi qui passe, direction le quartier ministériel.
Sur la route, à un carrefour, une voiture arrive sur notre droite, le gars dit quelque chose à mon chauffeur, ils rigolent tous les deux et on le laisse passer devant. Il me dit que l'autre s'appellait "je sais plus comment" et que lui s'appelle "je sais plus comment non plus" et qu'il y a des hierarchies donc l'autre devait passer devant. il finit en me disant : "ici on a pas d'argent mais on a le respect."
On passe devant un grand bâtiment en construction, il m'explique que c'est un hotel mais que faute de moyens c'est Kadhafi qui a repris les travaux en embauchant des chinois. Je lui dis que j'ai vu trés peu de chinois ici, il pousse un petit cri aigu, "héééé? des chinois y'en a partout, ils travaillent beaucoup beaucoup, c'est pour ça qu'il font de l'argent!!".
Il me pose devant l'ambassade du Burkina. Le quartier est jonché d'édifices institutionnels mais il n'y a pas encore de goudron, les rues sont trés larges et il n'y a aucune habitation. Donc, chose rare ici, il y a trés peu de gens dans les rues...
Le gars à l'entrée me demande mon passeport: "Vous voulez venir au Burkina faso? c'est facile pour vous! et moi si je veux venir on fait comment? On me demande ceci, cela, c'est compliqué!!"
"euh... oui... euh..."
"Vous m'invitez chez vous?"
"euh...oui...euh..."
"Bon, allez-y ah, premier bureau à gauche!"
Je rempli mes formulaires, laisse les photos, les 48 euros (quand même!!!). Rendez-vous à 15h30.
En sortant je croise un jeune handicapé qui implore le type de l'entrée, je ne sais pas de quoi...
J'arrive à l'angle de la rue quand il me rattrape sur son vélo aménagé pour pédaler à la main.
Il me dit bonjour et m'explique qu'il est burkinabé, on lui a volé ses papiers. Il est venu au Mali pensant trouver du travail mais il n'y a rien. Il me dit qu'on lui demande 2900 Fcfa pour refaire ses papiers qui lui permettraient de rentrer chez lui. J'ai le reflexe de dire que j'ai rien, comme d'hab... je fais trois pas et puis merde!!! Je lui tends un billet de 2000. Quand il le voit ses yeux s'illuminent, "Merci, c'est vraiment beaucoup!!!" Il me dit qu'il repart directement à l'ambassade "Quand ils vont voir que j'ai déja tout ça, ils vont peut-être faire un effort!" et il repart à fond les manivelles.
Je fais le calcul : je lui ai donné 3 euros!!
Ca va être trés dur de ne pas donner...
Je retourne en ville à pieds, je marche je marche je marche et je retourne au même petit resto en taule du premier jour. Là, on me sert du tika dégué, du riz blanc avec une sauce à l'arachide, c'est trés bon cette fois!!
Par contre, les femmes qui travaillent ici n'ont pas changé, elles ont l'air triste, ça contraste avec la plupart des gens d'ici qui rient en permanence!
Je récupére mon passeport sans probléme, et je rentre à l'hotel, à pieds come les braves. J'arrive là-bas à 17h, épuisé, transpirant et assoiffé! En arrivant, un des emplyés me dit : "bonjour Stephane, tu as bien marché aujourd'hui!"
"Comment tu sais que j'ai marché?"
"Et bien, ça se voit!!!" et il rigole...Ok, je vais prendre une douche!
Je héle le premier taxi qui passe, direction le quartier ministériel.
Sur la route, à un carrefour, une voiture arrive sur notre droite, le gars dit quelque chose à mon chauffeur, ils rigolent tous les deux et on le laisse passer devant. Il me dit que l'autre s'appellait "je sais plus comment" et que lui s'appelle "je sais plus comment non plus" et qu'il y a des hierarchies donc l'autre devait passer devant. il finit en me disant : "ici on a pas d'argent mais on a le respect."
On passe devant un grand bâtiment en construction, il m'explique que c'est un hotel mais que faute de moyens c'est Kadhafi qui a repris les travaux en embauchant des chinois. Je lui dis que j'ai vu trés peu de chinois ici, il pousse un petit cri aigu, "héééé? des chinois y'en a partout, ils travaillent beaucoup beaucoup, c'est pour ça qu'il font de l'argent!!".
Il me pose devant l'ambassade du Burkina. Le quartier est jonché d'édifices institutionnels mais il n'y a pas encore de goudron, les rues sont trés larges et il n'y a aucune habitation. Donc, chose rare ici, il y a trés peu de gens dans les rues...
Le gars à l'entrée me demande mon passeport: "Vous voulez venir au Burkina faso? c'est facile pour vous! et moi si je veux venir on fait comment? On me demande ceci, cela, c'est compliqué!!"
"euh... oui... euh..."
"Vous m'invitez chez vous?"
"euh...oui...euh..."
"Bon, allez-y ah, premier bureau à gauche!"
Je rempli mes formulaires, laisse les photos, les 48 euros (quand même!!!). Rendez-vous à 15h30.
En sortant je croise un jeune handicapé qui implore le type de l'entrée, je ne sais pas de quoi...
J'arrive à l'angle de la rue quand il me rattrape sur son vélo aménagé pour pédaler à la main.
Il me dit bonjour et m'explique qu'il est burkinabé, on lui a volé ses papiers. Il est venu au Mali pensant trouver du travail mais il n'y a rien. Il me dit qu'on lui demande 2900 Fcfa pour refaire ses papiers qui lui permettraient de rentrer chez lui. J'ai le reflexe de dire que j'ai rien, comme d'hab... je fais trois pas et puis merde!!! Je lui tends un billet de 2000. Quand il le voit ses yeux s'illuminent, "Merci, c'est vraiment beaucoup!!!" Il me dit qu'il repart directement à l'ambassade "Quand ils vont voir que j'ai déja tout ça, ils vont peut-être faire un effort!" et il repart à fond les manivelles.
Je fais le calcul : je lui ai donné 3 euros!!
Ca va être trés dur de ne pas donner...
Je retourne en ville à pieds, je marche je marche je marche et je retourne au même petit resto en taule du premier jour. Là, on me sert du tika dégué, du riz blanc avec une sauce à l'arachide, c'est trés bon cette fois!!
Par contre, les femmes qui travaillent ici n'ont pas changé, elles ont l'air triste, ça contraste avec la plupart des gens d'ici qui rient en permanence!
Je récupére mon passeport sans probléme, et je rentre à l'hotel, à pieds come les braves. J'arrive là-bas à 17h, épuisé, transpirant et assoiffé! En arrivant, un des emplyés me dit : "bonjour Stephane, tu as bien marché aujourd'hui!"
"Comment tu sais que j'ai marché?"
"Et bien, ça se voit!!!" et il rigole...Ok, je vais prendre une douche!
28 janvier
Je me léves à 8 h 00, il faut dire que le dortoir, même s'il n'est pas trés grand, ne favorise pas la grasse matinée.
Hier soir, un grenoblois et un nantais sont arrivés en voiture, ils sont trés sympas mais pas trés discrets. Et puis le nantais est du genre raleur, il arrête pas de dire "fais chier" toutes les dix secondes. "Fait chaud, fais chier", "j'arrive pas à mettre la moustiquaire, fais chier!" "oulaaa, on entend beaucoup les voitures, merde ça fais chier!!" Il a pas arrété, à coté de ça il est vraiment rigolo donc ça passe bien...
Fidéle à ma réputation, je me lêves quand même en dernier, Michael est en pleine discussion avec deux vieux allemands dont l'un vient de la même petite ville que lui, le monde est petit.
Moi je retourrne en face au café Damu pour prendre mon petit déj, histoire d'être en dehors du foyer et d'observer la ville.
Hier matin, on a eu droit à un petit sachet de nescafé pour deux, là c'est la classe, j'en ai un pour moi tout seul et comble de luxe : un fond de confiture à la fraise!
Ousmane qui tient de temps en temps le café (à chaque fois que je me tourne c'est une personne différente!)me tient compagnie.
Il est griot, son nom d'artiste c'est "Oumantra", la contraction de Ousmane traoré.
Quand je lui dit que je compte changer d'hébergement il m'en propose une dizaine juste à coté mais moi justement je veux pas rester à coté, je veux aller au calme, loin du coin à touristes où tous les gratteurs se donnent rendez-vous et aussi pour enfin reprendre contact avec ma guitare que je n'ai pas touchée depuis une semaine. Michael a repéré à coté de l'ambassade allemande un hotel qui fait également dortoir pour le même prix, au calme, ombragé, wifi et surtout trés propre. Il faut dire qu'ici il y a des rats énormes qui se baladent partout.
Quand mon ami allemand me rejoint il m'annonce qu'il va rester ici, il doit partir à Djenné aprés-demain et la station de bus est à coté. Une fois mon bagage fait, je saute dans un taxi et je me rend dans le quartier de Badalabougou juste aprés le pont des martyrs qui enjambe le fleuve Niger.
En effet, c'est tel qu'il me l'avait décrit, ça fait vraiment vacances pour le coup. Bon, c'est tenu par des anglais et la clientéle est uniquement européenne mais bon, le personnel est local et tout le monde trés sympa.
En plus à la douche il y a de l'eau chaude...
Je me pose une petite heure et je pars réserver une chambre à l'hotel Mandé où nous passeront les trois premiéres nuits avec Cécile. Paradoxalement, l'hotel le plus cher de la ville est dans l'un des quartiers les plus pauvres : la cité Niger. Il appartient au footballeur Salif Keïta (à ne pas confondre avec le chanteur).
Je reserve mon bungalow pas loin de la superbe piscine, j'ai hâte de me baigner parce qu'il fait une chaleur écrasante (quelle chance vous avez d'être au frais, vraiment je vous envie :)) et je fais le trajet jusqu'à la ville à pied. Je dois marcher pas loin de 5 heures non stop.
Quand je rentre à l'hotel, le gérant me dit qu'ils vont tous voir un concert pas trés loin... franchement je suis claqué, je vais dormir.
Hier soir, un grenoblois et un nantais sont arrivés en voiture, ils sont trés sympas mais pas trés discrets. Et puis le nantais est du genre raleur, il arrête pas de dire "fais chier" toutes les dix secondes. "Fait chaud, fais chier", "j'arrive pas à mettre la moustiquaire, fais chier!" "oulaaa, on entend beaucoup les voitures, merde ça fais chier!!" Il a pas arrété, à coté de ça il est vraiment rigolo donc ça passe bien...
Fidéle à ma réputation, je me lêves quand même en dernier, Michael est en pleine discussion avec deux vieux allemands dont l'un vient de la même petite ville que lui, le monde est petit.
Moi je retourrne en face au café Damu pour prendre mon petit déj, histoire d'être en dehors du foyer et d'observer la ville.
Hier matin, on a eu droit à un petit sachet de nescafé pour deux, là c'est la classe, j'en ai un pour moi tout seul et comble de luxe : un fond de confiture à la fraise!
Ousmane qui tient de temps en temps le café (à chaque fois que je me tourne c'est une personne différente!)me tient compagnie.
Il est griot, son nom d'artiste c'est "Oumantra", la contraction de Ousmane traoré.
Quand je lui dit que je compte changer d'hébergement il m'en propose une dizaine juste à coté mais moi justement je veux pas rester à coté, je veux aller au calme, loin du coin à touristes où tous les gratteurs se donnent rendez-vous et aussi pour enfin reprendre contact avec ma guitare que je n'ai pas touchée depuis une semaine. Michael a repéré à coté de l'ambassade allemande un hotel qui fait également dortoir pour le même prix, au calme, ombragé, wifi et surtout trés propre. Il faut dire qu'ici il y a des rats énormes qui se baladent partout.
Quand mon ami allemand me rejoint il m'annonce qu'il va rester ici, il doit partir à Djenné aprés-demain et la station de bus est à coté. Une fois mon bagage fait, je saute dans un taxi et je me rend dans le quartier de Badalabougou juste aprés le pont des martyrs qui enjambe le fleuve Niger.
En effet, c'est tel qu'il me l'avait décrit, ça fait vraiment vacances pour le coup. Bon, c'est tenu par des anglais et la clientéle est uniquement européenne mais bon, le personnel est local et tout le monde trés sympa.
En plus à la douche il y a de l'eau chaude...
Je me pose une petite heure et je pars réserver une chambre à l'hotel Mandé où nous passeront les trois premiéres nuits avec Cécile. Paradoxalement, l'hotel le plus cher de la ville est dans l'un des quartiers les plus pauvres : la cité Niger. Il appartient au footballeur Salif Keïta (à ne pas confondre avec le chanteur).
Je reserve mon bungalow pas loin de la superbe piscine, j'ai hâte de me baigner parce qu'il fait une chaleur écrasante (quelle chance vous avez d'être au frais, vraiment je vous envie :)) et je fais le trajet jusqu'à la ville à pied. Je dois marcher pas loin de 5 heures non stop.
Quand je rentre à l'hotel, le gérant me dit qu'ils vont tous voir un concert pas trés loin... franchement je suis claqué, je vais dormir.
vendredi 29 janvier 2010
Quelques photos...
Thiérno :
Nafi (Au premier plan) et Fatouba
Oumar :
Ibrahim dit "Ibou" (à droite) et un petit voisin
jeudi 28 janvier 2010
23 24 25 26 27 janvier
Bon, vous l'aurez compris, j'ai du mal à rattraper le retard pris sur le blog. Forcément, plus il se passe de choses, moins j'ai de temps pour aller sur internet... Donc pour résumer :
23 janvier :
Je me sens pas de squatter la maison alors que Thiérno et Omar ne sont plus là, pourtant il a insisté pour que je fasse comme avant... Je compte bien y retourner mais dans la soirée.
Je passe des heures sur internet pour préparer la suite de mon voyage, je dois me rendre à Bamako et j'hésites à aller à Dakar pour prendre le train direct ou à passer par le nord, une région trés belle au bord du fleuve Sénégal, en avançant par étapes.
Au passage, je suis obligé de rendre hommage à Mouloud qui s'est pris la tête pour me trouver un guide sur le net (et oui, mon passage au Sénégal n'étant pas prévu, je n'ai pas de routard...) et donc, pour le remercier je me suis engagé à changer la musique de ce blog... J'espére que vous apprécierez la nouvelle!
Je passe la journée à me ballader en ville. Et aprés avoir acheté plein de fruits et deux énormes poissons 10 fois leur prix, je retourne à la "maison".
Là, on m'accueille avec des sourires, il y a des personnes que je ne connaissais pas, un cousin, un oncle qui dort dans un coin etc...
On mange comme d'habitude dans de grands plats. Ensuite, c'est thés et discussions. L'ambiance est tombée d'un cran, beaucoup sont deja repartis.
Baaba sort un carnet, un stylo. l'oncle que je ne connaissais pas va chercher un numero, ils discutent un moment. Finalement, Baaba me dit :
"Stephane, ça c'est le numero de Thierno Sall, c'est le frére de Thiérno Sambau ton ami. Il est à Dakar, quand tu arrives tu l'appelles et il s'occupera de toi"
Bon, j'avais décidé de passer par le nord le long du fleuve mais l'attention est tellement gentille que je me sens pas de décliner. Donc, ce sera Dakar dés lundi!
24 janvier
J'ai une journée à tuer, je prends mon temps, je fais des lessives, j'achéte enfin un portable débloqué (je devais le faire depuis Marrakech). Je contactes Thiérno Sall à Dakar et vers 19h je retourne à la maison.
Là c'est carrément tristou, j'ai raté les départs de Baaba, Fatouba, leur tante etc... En fait, il ne reste plus que Nafi, Adia et Oumar.
On regarde la série qui fait un tabac ici : "Vaidehi". Difficile de se retenir de rire, les doublages ont été faits pas les nuls c'est sûr!! et le montage!!! Bon, je me retiens, ils sont tous les trois à fond...
A la fin de Prison break je décide d'aller me coucher, demain j'ai de la route, mes affaires à préparer...
On se dit aurevoir, Adia puis Nafi me posent la même question : "tu ne nous oubliera pas hein?"
ooooh non!
25 26 et 27 janvier
A 8h30, je suis dans le taxi brousse en direction de Dakar. Toujours la même promiscuité, la chaleur, les siéges qui fracassent mes pauvres fesses. On arrive vers 13h00.
Je compte contacter Thiérno Sall aprés avoir pris mon billet de train, histoire de pas être totalement assisté. Je descends à la station des pompiers. La fille qui était dans la voiture me dit que je dois prendre un taxi pour aller à la gare. A peine ai-je mis mon sac sur les épaules qu'un gars me propose de m'emmener. Je lui répéte 3 fois "tu es taxi? je veux aller à la gare des trains". A chaque fois il répond "oui oui!".
M'ouaif, en tout cas on marche beaucoup, entre les taxis, les voitures, les vendeurs de toutes sortes. "Tu es taxi? tu es sûr?? on va à ta voiture là?" "oui oui, la gare pour Bamako". je le suis, ma foi, j'ai rien à perdre... On arrive dans une petite boutique où les tarifs "dakar/kirida", "dakar/bamako" etc. sont affichés. C'est carrément moins cher que tout ce que j'avais vu. Le gars me confirme que c'est bien le train. je lui demande sa carte, je regarde le ticket, ça a l'air sérieux donc je prends. Prochain départ : ce soir à 22h. temps estimé : 24h de trajet. Bon, sur le routard ils disent "pour les aventuriers de l'impossible". M'en fous ch'uis un déglingo, j'ai peur de rien! En fait, je me sens pas de squatter chez Thiérno que je ne connais pas et j'ai envie d'arréter de bouger pendant quelques temps comme ça je me consacre sur l'arrivée imminente de Cécile, dimanche!!! :))))
Le premier taxi qui passe refuse de m'emmener à Keur masar. Ah? serait-ce loin?
Le deuxiéme ne veut pas descendre en dessous de 10000 Fcfa! Et lui non? j'ai payé 5000 pour venir de Saint-louis... Pas moyen, il veut pas faire moins et s'en va!...
Le troisiéme commence à 10000 lui aussi, je commence à me dire que ce doit être le prix, donc je fais descendre à 8000, pas moyen d'aller plus bas. Mais quand même, j'ai la présence d'esprit de regarder l'argent qu'il me reste... 7250 Fcfa... Il rale mais finalement accepte de m'emmener. Une fois qu'on est parti je lui demande : "C'est le prix pour les blancs que tu m'a fait là!" Il éclate de rire. Ok, au moins c'est clair!
Bon, c'est vrai que c'est loin quand même, on ressort de Dakar, on se tape des bouchons pas possible. Dés qu'on s'arréte y'a des nuées de vendeurs de tout et n'importe quoi qui nous assaillent. je décline tout le long, je me sens pas d'ignorer les gens. Quand un gamin insiste je lui dit : "je peux pas il m'a tout pris lui!" en montrant le chauffeur. Un peu plus loin, il achéte deux paquets de biscuits et m'en tend un.
Keur Masar est à quelques kilométres avant la ville, on dirait une petite bourgade grouillante comme partout ici. Il est 14h/14h30, il fait une chaleur terrible. J'appelle Thiérno qui me dit qu'il sera là dans 5 minutes. En fait, j'y vais juste pour le saluer puisque je repars dans la soirée. J'hésite à aller retirer avant qu'il n'arrive, je viens juste de repérer un distributeur, et puis je laisse tomber, je vais pas le faire attendre non plus.
il arrive en taxi et on part en taxi jusque chez lui. Merde, j'ai plus un radi!! Je m'excuse, il me dit qu'il n'y a pas de probléme... je me sens mal quand même!
Sa maison n'a rien à voir avec celle de Saint-Louis. Ici, c'est un appart dans un petit batiment de 5 étages, dans une petite cité à l'écart, il n'y a aucune route, aucun trottoir. Il y a 2 femmes, un homme et plusieurs gamins. Une belle télé, quelques meubles, c'est pas pareil. Par contre l'accueil lui est le même, on me sert un thé, on m'apporte à manger, on discute un peu; Ensuite Thiérno me propose de m'allonger un peu, il m'accompagnera au "bus" dans la soirée. Et oui, c'est bien le bus que je prends... J'avais des doutes et bien c'est confirmé! c'est pas plus mal, le trajet annoncé est plus court et je me dit que les conditions seront peut-étre meilleures...que je suis naïf!
On prends un petit bus, puis un taxi. Je lui dit à chaque fois qu'il faut vraiment que je retire, et à chaque fois la même réponse : "il n'y a pas de probléme" C'est gentil mais que je me sens mal!!
En plus, je n'ai rien acheté pour le voyage, il me reste qu'un fond de fanta (à l'orange en plus, l'arnaque!) et quelques biscuits!
On arrive au lieu de rendez-vous à 20h00. Thiérno a l'air investi d'une mission et rien d'autre ne compte, il gére à fond, il doit me faire partir entier et dans les meilleures conditions possibles vers Bamako. il négocie les prix des bagages, vérifie qu'ils sont bien embarqués, demande où il y a un distributeur. Malheureusement le gars de la compagnie lui dit que c'est trop loin, je n'aurais pas le temps d'y aller avant qu'on parte! merdeuuuu! Thiérno ne se démonte pas, il charge le jeune du bus qui va nous accompagner de m'aider à trouver un distributeur sur la route.
Dans la foule qui attends, je repére d'entrée un toubab au milieu. Sabine, à Marrakech m'avait dit qu'il y avait une rêgle qui voulait que quand il y a deux blancs au milieu des noirs ils s'attirent comme deux aimants. J'avais échappé à cette régle jusqu'à présent mais là au bout de 10 minutes il vient engager la conversation.
Il est allemand, il habite à Pragues et est ici en "commande" pour une radio, il est journaliste. Sa conversation est trés agréable, il me présente un sénégalais qu'il vient de rencontrer qui a vécu 30 ans a bamako, il est DJ dans une radio et couturier à Dakar.
Une grosse heure plus tard, il est temps de partir, Thiérno m'explique comment ça se passe :
"Ils vont faire l'appel par ordre chronologique d'achat des billets. Les premiers prennent les meilleures places." Moi, j'ai pris mon billet en début d'aprés-midi et j'ai vu des gnes prendre le leur juste maintenant donc je suis confiant.
Il ajoute : "Le principal c'est que tu sois sur les cotés sinon au mileu tu va étre trés dérangé"... au milieu?...
L'appel commence et ...continue, continue... Mon nom arrive dans les cinq derniers! Je comprends ce qu'il voulait dire une fois monté. Toutes les places sont prises, il faut que je m'installe sur un petit strapontin dans le couloir.
Le car est à bloc, il y à même trop de gens, ils ont vendu plus de tickets que de places (je dois m'estimer heureux?...). Un des "recalés" fait un vrai scandale, il gueule comme un malade et on le sent bien vouloir en venir aux mains, vu comme il est taillé, tout le monde est trés diplomate avec lui!
On arrive enfin à partir, il est 11h.
Premiére impression : je vais pas tenir 36 heures comme ça, c'est pas possible!! Et oui, Pape (le DJ / couturier) qui a souvent fait le trajet nous a dit qu'il fallait compter plutôt 36 heures!
Probléme numero 1 : mon siége est penché vers la droite, j'ai mal au cul au bout de 5 minutes!
Probléme numero 2 : je ne peux pas appuyer ma tête, le siége est trop bas, comment on dort dans ces cas-là?
Probléme numero 3 : on est trés serrés de chaque coté!!
Probléme numero 4 : je n'ai pas d'eau!!! pas une goutte et il fait chaud, le sol chauffe en plus!
Je rêgle le premier probléme en compensant la "pente" avec ma polaire, c'est deja ça.
Les autres problémes deviennent de plus en plus dramatiques au fur et à mesure que le temps passe. Mon coussin "tour de cou" ne peut rien pour moi, il faut que je m'appuie, j'ai mal!
Le temps passe trés lentement, à chaque fois que je m'endors, ma tête tombe en avant et je me réveille en sursaut à cause de la douleur.
Finalement, vers 3 ou 4 h du matin, je tente de me mettre par terre dans le tout petit espace qu'il y a entre mon strapontin et celui de devant, je suis à genou, le cul en l'air, les bras sur le siége et la tête écrasée à la verticale contre le dossier. M'en fous, au moins je peux détendre tous mes muscles en même temps pendant quelques heures...
Tout à coup je suis réveillé par un enorme sac qui me tombe sur la nuque! Je tente de le remettre en place mais il est vraiment trop gros.je suis obligé de réveiller la moitié du bus pour savoir à qui il appartient et lui donner, c'est pas à moi de me faire c... avec ça. Il appartient à un jeune devant sur la droite. Mon voisin de devant essaye de mettre le sac en place : pas possible. Le voisin du propriétaire essaye : pas possible. le propriétaire essaye et lui bien sûr il le fait tenir par miracle, à l'arrache.
Je lui dit qu'il va retomber, d'enlever un truc dedans et de le caler mieux. Il m'écoute pas ou ne comprends pas... grrrr .
Bien entendu je me fais re réveiller par le sac sur ma nuque une demi-heure plus tard! Je te me lui balance à la gueule son sac!! Il s'écrase la tête contre la vitre et finalement le mets à ses pieds, le lourd!!!
J'essaye de ne pas penser à la soif qui commence à sérieusement me tenailler.
J'ai dû faire plein de mini siestes parceque le jour arrive assez vite en fin de compte. Je reprends vite une position décente avant que mes voisins ne se réveillent et j'attends avec impatience l'arrêt du petit déjeuner où je pourrais retirer et boire, boire, boire...
La ville prévue pour l'arrêt est Tamba, on y passe sans même freiner, je vois les distributeurs défiler! Tout le monde s'énerve, les deux vieux à coté de moi crient sur le chauffeur qu'il faut sarréter! Il les regarde dans son retro, impassible et continue sa route.
On roule encore une bonne heure avant le prochain arrêt.
Les gens descendent pour pisser, moi j'ai pas envie, j'ai soif!
Il n'y a rien c'est un village de cases en terre, pas l'ombre d'un distributeur; de toute façon l'arrêt dure pas plus de 15 minutes.
On repart, la chaleur du jour vient nous rappeler qu'elle est bien pire que celle de la nuit! Vers 11h on s'arréte à la frontiére, on laisse nos passeports et nos cartes d'identité et le jeune que Thiérno avait chargé de me trouver un distributeur vient me chercher. Enfin!!
On arrive à la banque. Là on me dit que c'est pas possible, mais de l'autre coté de la frontiére ce sera bon.
Le temps de recupérer toutes les piéces d'identités, de monter dans le bus et on passe au Mali. On traverse la ville d'une traite, on passe devant les banques et on va s'arréter au poste de douane Malien situé deux bons kilométres plus loin.
On dépose nos piéces d'identité et le jeune revient me chercher, là je peux pas y aller à pieds, donc on attends que quelqu'un passe et veuille bien m'emmener. Au bout de cinq minutes, un scooter m'embarque moyennant 500 Fcfa pour la course, payables biensur lorsque j'aurai retiré. Le petit trajet sur le deux-roues est quand même bien venu, un peu d'air!
Une fois de plus, on me dit qu'il est impossible de retirer! J'en peux plus, j'ai soif!! De retour au poste de douane je demande s'il y a un robinet quelque part "ah non monsieur, il n'y a pas d'eau ici, il faut l'acheter!"
Je regarde les gens boire avec envie, j'ose pas demander et puis tant pis pour moi, j'assume! Au prochain arrêt ce sera bon!
2 heures plus tard on s'arréte et là je suis dans un état proche de la déshydratation avancée. N'en pouvant plus je demande à Michael (l'allemand) de me prêter 1000 Fcfa. Je me jettes sur la premiére boisson fraiche que je trouve : du fanta ! Je revis même s'il est encore à l'orange!!!
On arrive à kayes en milieu d'aprés-midi, le jeune vient à nouveau me chercher, on prend un taxi qui nous emméne de l'autre coté de la ville, et là enfin je peux retirer!
C'est ici aussi qu'on change de bus. Plus de strapontins!! je me cale au fond parceque l'écart avec le siége avant est plus grand et je peux prendre ma guitare sans qu'elle me géne trop.
J'arrive à dormir un peu.
Faire tant d'heures de bus, ça crée des liens, je connais la moitié des gens qui sont là, on échange à manger, on discute... je peux pas faire le portrait de tout le monde, il y en a trop... Le jeune avec son gros sac vient de Gambie pour aller jusqu'en Angola, il est gentil comme tout finalement. Les deux vieux à coté ont vécu 30 et 40 ans en France, l'un à Vannes l'autre en région parisienne, la fille à coté de moi part à Bamako pour la premiére fois avec sa soeur, un gars vient de charger sa moto Ténérife sur le toit, il a fait 5 jours de moto pratiquement sans s'arréter, il est épuisé. L'ambiance est vraiment trés sympa, je me sens bien!
Thiérno m'avait mis en garde avant de me laisser partir "il y a plein de voleurs, sois prudent" Je suis parti sur mes gardes, là il n'y a plus de soucis!
On arrive à bamako à 3h30 du matin. Plus tôt que prévu mais carrément trop tôt pour aller à l'hotel. Donc on s'installe avec Michael au bureau des bus et on attend. on sort la guitare, on joue, on nous sert des thés, c'est cool la vie quand même!
A 8h, aprés le petit dejeuner on s'installe dans le dortoir du "foyer des soeurs blanches" (bon elles sont noires les soeurs, mais habillées en blanc). Je me prends une douche salvatrice et je m'allonge juste quelques minutes, hitoire de décompresser... je me réveille 4 heures plus tard la tête dans l'c...
Je pars dans bamako un peu au pif, je mange dans un resto minuscule en taule ondulée, il y fait 70 degrés et la bouffe est franchement pas top, mais je suis à fond : je suis à Bamako!!!!!!
Je retrouve Michael le soir, on va se faire une bouffe au resto en face du foyer. Tenu par des français, clientéle française, espagnole,allemande... le repas est bon... la musique c'est du reggae, les maliens qui débarquent c'est des rastas, bref, on est à Zion, tout le monde est hy-pra cool! On s'attarde pas, c'est bon, à marseille y'en a partout des coins comme ça et puis il est bientôt 22 heures, c'est l'heure du couvre-feu on risque de se faire disputer par les bonnes soeurs!
23 janvier :
Je me sens pas de squatter la maison alors que Thiérno et Omar ne sont plus là, pourtant il a insisté pour que je fasse comme avant... Je compte bien y retourner mais dans la soirée.
Je passe des heures sur internet pour préparer la suite de mon voyage, je dois me rendre à Bamako et j'hésites à aller à Dakar pour prendre le train direct ou à passer par le nord, une région trés belle au bord du fleuve Sénégal, en avançant par étapes.
Au passage, je suis obligé de rendre hommage à Mouloud qui s'est pris la tête pour me trouver un guide sur le net (et oui, mon passage au Sénégal n'étant pas prévu, je n'ai pas de routard...) et donc, pour le remercier je me suis engagé à changer la musique de ce blog... J'espére que vous apprécierez la nouvelle!
Je passe la journée à me ballader en ville. Et aprés avoir acheté plein de fruits et deux énormes poissons 10 fois leur prix, je retourne à la "maison".
Là, on m'accueille avec des sourires, il y a des personnes que je ne connaissais pas, un cousin, un oncle qui dort dans un coin etc...
On mange comme d'habitude dans de grands plats. Ensuite, c'est thés et discussions. L'ambiance est tombée d'un cran, beaucoup sont deja repartis.
Baaba sort un carnet, un stylo. l'oncle que je ne connaissais pas va chercher un numero, ils discutent un moment. Finalement, Baaba me dit :
"Stephane, ça c'est le numero de Thierno Sall, c'est le frére de Thiérno Sambau ton ami. Il est à Dakar, quand tu arrives tu l'appelles et il s'occupera de toi"
Bon, j'avais décidé de passer par le nord le long du fleuve mais l'attention est tellement gentille que je me sens pas de décliner. Donc, ce sera Dakar dés lundi!
24 janvier
J'ai une journée à tuer, je prends mon temps, je fais des lessives, j'achéte enfin un portable débloqué (je devais le faire depuis Marrakech). Je contactes Thiérno Sall à Dakar et vers 19h je retourne à la maison.
Là c'est carrément tristou, j'ai raté les départs de Baaba, Fatouba, leur tante etc... En fait, il ne reste plus que Nafi, Adia et Oumar.
On regarde la série qui fait un tabac ici : "Vaidehi". Difficile de se retenir de rire, les doublages ont été faits pas les nuls c'est sûr!! et le montage!!! Bon, je me retiens, ils sont tous les trois à fond...
A la fin de Prison break je décide d'aller me coucher, demain j'ai de la route, mes affaires à préparer...
On se dit aurevoir, Adia puis Nafi me posent la même question : "tu ne nous oubliera pas hein?"
ooooh non!
25 26 et 27 janvier
A 8h30, je suis dans le taxi brousse en direction de Dakar. Toujours la même promiscuité, la chaleur, les siéges qui fracassent mes pauvres fesses. On arrive vers 13h00.
Je compte contacter Thiérno Sall aprés avoir pris mon billet de train, histoire de pas être totalement assisté. Je descends à la station des pompiers. La fille qui était dans la voiture me dit que je dois prendre un taxi pour aller à la gare. A peine ai-je mis mon sac sur les épaules qu'un gars me propose de m'emmener. Je lui répéte 3 fois "tu es taxi? je veux aller à la gare des trains". A chaque fois il répond "oui oui!".
M'ouaif, en tout cas on marche beaucoup, entre les taxis, les voitures, les vendeurs de toutes sortes. "Tu es taxi? tu es sûr?? on va à ta voiture là?" "oui oui, la gare pour Bamako". je le suis, ma foi, j'ai rien à perdre... On arrive dans une petite boutique où les tarifs "dakar/kirida", "dakar/bamako" etc. sont affichés. C'est carrément moins cher que tout ce que j'avais vu. Le gars me confirme que c'est bien le train. je lui demande sa carte, je regarde le ticket, ça a l'air sérieux donc je prends. Prochain départ : ce soir à 22h. temps estimé : 24h de trajet. Bon, sur le routard ils disent "pour les aventuriers de l'impossible". M'en fous ch'uis un déglingo, j'ai peur de rien! En fait, je me sens pas de squatter chez Thiérno que je ne connais pas et j'ai envie d'arréter de bouger pendant quelques temps comme ça je me consacre sur l'arrivée imminente de Cécile, dimanche!!! :))))
Le premier taxi qui passe refuse de m'emmener à Keur masar. Ah? serait-ce loin?
Le deuxiéme ne veut pas descendre en dessous de 10000 Fcfa! Et lui non? j'ai payé 5000 pour venir de Saint-louis... Pas moyen, il veut pas faire moins et s'en va!...
Le troisiéme commence à 10000 lui aussi, je commence à me dire que ce doit être le prix, donc je fais descendre à 8000, pas moyen d'aller plus bas. Mais quand même, j'ai la présence d'esprit de regarder l'argent qu'il me reste... 7250 Fcfa... Il rale mais finalement accepte de m'emmener. Une fois qu'on est parti je lui demande : "C'est le prix pour les blancs que tu m'a fait là!" Il éclate de rire. Ok, au moins c'est clair!
Bon, c'est vrai que c'est loin quand même, on ressort de Dakar, on se tape des bouchons pas possible. Dés qu'on s'arréte y'a des nuées de vendeurs de tout et n'importe quoi qui nous assaillent. je décline tout le long, je me sens pas d'ignorer les gens. Quand un gamin insiste je lui dit : "je peux pas il m'a tout pris lui!" en montrant le chauffeur. Un peu plus loin, il achéte deux paquets de biscuits et m'en tend un.
Keur Masar est à quelques kilométres avant la ville, on dirait une petite bourgade grouillante comme partout ici. Il est 14h/14h30, il fait une chaleur terrible. J'appelle Thiérno qui me dit qu'il sera là dans 5 minutes. En fait, j'y vais juste pour le saluer puisque je repars dans la soirée. J'hésite à aller retirer avant qu'il n'arrive, je viens juste de repérer un distributeur, et puis je laisse tomber, je vais pas le faire attendre non plus.
il arrive en taxi et on part en taxi jusque chez lui. Merde, j'ai plus un radi!! Je m'excuse, il me dit qu'il n'y a pas de probléme... je me sens mal quand même!
Sa maison n'a rien à voir avec celle de Saint-Louis. Ici, c'est un appart dans un petit batiment de 5 étages, dans une petite cité à l'écart, il n'y a aucune route, aucun trottoir. Il y a 2 femmes, un homme et plusieurs gamins. Une belle télé, quelques meubles, c'est pas pareil. Par contre l'accueil lui est le même, on me sert un thé, on m'apporte à manger, on discute un peu; Ensuite Thiérno me propose de m'allonger un peu, il m'accompagnera au "bus" dans la soirée. Et oui, c'est bien le bus que je prends... J'avais des doutes et bien c'est confirmé! c'est pas plus mal, le trajet annoncé est plus court et je me dit que les conditions seront peut-étre meilleures...que je suis naïf!
On prends un petit bus, puis un taxi. Je lui dit à chaque fois qu'il faut vraiment que je retire, et à chaque fois la même réponse : "il n'y a pas de probléme" C'est gentil mais que je me sens mal!!
En plus, je n'ai rien acheté pour le voyage, il me reste qu'un fond de fanta (à l'orange en plus, l'arnaque!) et quelques biscuits!
On arrive au lieu de rendez-vous à 20h00. Thiérno a l'air investi d'une mission et rien d'autre ne compte, il gére à fond, il doit me faire partir entier et dans les meilleures conditions possibles vers Bamako. il négocie les prix des bagages, vérifie qu'ils sont bien embarqués, demande où il y a un distributeur. Malheureusement le gars de la compagnie lui dit que c'est trop loin, je n'aurais pas le temps d'y aller avant qu'on parte! merdeuuuu! Thiérno ne se démonte pas, il charge le jeune du bus qui va nous accompagner de m'aider à trouver un distributeur sur la route.
Dans la foule qui attends, je repére d'entrée un toubab au milieu. Sabine, à Marrakech m'avait dit qu'il y avait une rêgle qui voulait que quand il y a deux blancs au milieu des noirs ils s'attirent comme deux aimants. J'avais échappé à cette régle jusqu'à présent mais là au bout de 10 minutes il vient engager la conversation.
Il est allemand, il habite à Pragues et est ici en "commande" pour une radio, il est journaliste. Sa conversation est trés agréable, il me présente un sénégalais qu'il vient de rencontrer qui a vécu 30 ans a bamako, il est DJ dans une radio et couturier à Dakar.
Une grosse heure plus tard, il est temps de partir, Thiérno m'explique comment ça se passe :
"Ils vont faire l'appel par ordre chronologique d'achat des billets. Les premiers prennent les meilleures places." Moi, j'ai pris mon billet en début d'aprés-midi et j'ai vu des gnes prendre le leur juste maintenant donc je suis confiant.
Il ajoute : "Le principal c'est que tu sois sur les cotés sinon au mileu tu va étre trés dérangé"... au milieu?...
L'appel commence et ...continue, continue... Mon nom arrive dans les cinq derniers! Je comprends ce qu'il voulait dire une fois monté. Toutes les places sont prises, il faut que je m'installe sur un petit strapontin dans le couloir.
Le car est à bloc, il y à même trop de gens, ils ont vendu plus de tickets que de places (je dois m'estimer heureux?...). Un des "recalés" fait un vrai scandale, il gueule comme un malade et on le sent bien vouloir en venir aux mains, vu comme il est taillé, tout le monde est trés diplomate avec lui!
On arrive enfin à partir, il est 11h.
Premiére impression : je vais pas tenir 36 heures comme ça, c'est pas possible!! Et oui, Pape (le DJ / couturier) qui a souvent fait le trajet nous a dit qu'il fallait compter plutôt 36 heures!
Probléme numero 1 : mon siége est penché vers la droite, j'ai mal au cul au bout de 5 minutes!
Probléme numero 2 : je ne peux pas appuyer ma tête, le siége est trop bas, comment on dort dans ces cas-là?
Probléme numero 3 : on est trés serrés de chaque coté!!
Probléme numero 4 : je n'ai pas d'eau!!! pas une goutte et il fait chaud, le sol chauffe en plus!
Je rêgle le premier probléme en compensant la "pente" avec ma polaire, c'est deja ça.
Les autres problémes deviennent de plus en plus dramatiques au fur et à mesure que le temps passe. Mon coussin "tour de cou" ne peut rien pour moi, il faut que je m'appuie, j'ai mal!
Le temps passe trés lentement, à chaque fois que je m'endors, ma tête tombe en avant et je me réveille en sursaut à cause de la douleur.
Finalement, vers 3 ou 4 h du matin, je tente de me mettre par terre dans le tout petit espace qu'il y a entre mon strapontin et celui de devant, je suis à genou, le cul en l'air, les bras sur le siége et la tête écrasée à la verticale contre le dossier. M'en fous, au moins je peux détendre tous mes muscles en même temps pendant quelques heures...
Tout à coup je suis réveillé par un enorme sac qui me tombe sur la nuque! Je tente de le remettre en place mais il est vraiment trop gros.je suis obligé de réveiller la moitié du bus pour savoir à qui il appartient et lui donner, c'est pas à moi de me faire c... avec ça. Il appartient à un jeune devant sur la droite. Mon voisin de devant essaye de mettre le sac en place : pas possible. Le voisin du propriétaire essaye : pas possible. le propriétaire essaye et lui bien sûr il le fait tenir par miracle, à l'arrache.
Je lui dit qu'il va retomber, d'enlever un truc dedans et de le caler mieux. Il m'écoute pas ou ne comprends pas... grrrr .
Bien entendu je me fais re réveiller par le sac sur ma nuque une demi-heure plus tard! Je te me lui balance à la gueule son sac!! Il s'écrase la tête contre la vitre et finalement le mets à ses pieds, le lourd!!!
J'essaye de ne pas penser à la soif qui commence à sérieusement me tenailler.
J'ai dû faire plein de mini siestes parceque le jour arrive assez vite en fin de compte. Je reprends vite une position décente avant que mes voisins ne se réveillent et j'attends avec impatience l'arrêt du petit déjeuner où je pourrais retirer et boire, boire, boire...
La ville prévue pour l'arrêt est Tamba, on y passe sans même freiner, je vois les distributeurs défiler! Tout le monde s'énerve, les deux vieux à coté de moi crient sur le chauffeur qu'il faut sarréter! Il les regarde dans son retro, impassible et continue sa route.
On roule encore une bonne heure avant le prochain arrêt.
Les gens descendent pour pisser, moi j'ai pas envie, j'ai soif!
Il n'y a rien c'est un village de cases en terre, pas l'ombre d'un distributeur; de toute façon l'arrêt dure pas plus de 15 minutes.
On repart, la chaleur du jour vient nous rappeler qu'elle est bien pire que celle de la nuit! Vers 11h on s'arréte à la frontiére, on laisse nos passeports et nos cartes d'identité et le jeune que Thiérno avait chargé de me trouver un distributeur vient me chercher. Enfin!!
On arrive à la banque. Là on me dit que c'est pas possible, mais de l'autre coté de la frontiére ce sera bon.
Le temps de recupérer toutes les piéces d'identités, de monter dans le bus et on passe au Mali. On traverse la ville d'une traite, on passe devant les banques et on va s'arréter au poste de douane Malien situé deux bons kilométres plus loin.
On dépose nos piéces d'identité et le jeune revient me chercher, là je peux pas y aller à pieds, donc on attends que quelqu'un passe et veuille bien m'emmener. Au bout de cinq minutes, un scooter m'embarque moyennant 500 Fcfa pour la course, payables biensur lorsque j'aurai retiré. Le petit trajet sur le deux-roues est quand même bien venu, un peu d'air!
Une fois de plus, on me dit qu'il est impossible de retirer! J'en peux plus, j'ai soif!! De retour au poste de douane je demande s'il y a un robinet quelque part "ah non monsieur, il n'y a pas d'eau ici, il faut l'acheter!"
Je regarde les gens boire avec envie, j'ose pas demander et puis tant pis pour moi, j'assume! Au prochain arrêt ce sera bon!
2 heures plus tard on s'arréte et là je suis dans un état proche de la déshydratation avancée. N'en pouvant plus je demande à Michael (l'allemand) de me prêter 1000 Fcfa. Je me jettes sur la premiére boisson fraiche que je trouve : du fanta ! Je revis même s'il est encore à l'orange!!!
On arrive à kayes en milieu d'aprés-midi, le jeune vient à nouveau me chercher, on prend un taxi qui nous emméne de l'autre coté de la ville, et là enfin je peux retirer!
C'est ici aussi qu'on change de bus. Plus de strapontins!! je me cale au fond parceque l'écart avec le siége avant est plus grand et je peux prendre ma guitare sans qu'elle me géne trop.
J'arrive à dormir un peu.
Faire tant d'heures de bus, ça crée des liens, je connais la moitié des gens qui sont là, on échange à manger, on discute... je peux pas faire le portrait de tout le monde, il y en a trop... Le jeune avec son gros sac vient de Gambie pour aller jusqu'en Angola, il est gentil comme tout finalement. Les deux vieux à coté ont vécu 30 et 40 ans en France, l'un à Vannes l'autre en région parisienne, la fille à coté de moi part à Bamako pour la premiére fois avec sa soeur, un gars vient de charger sa moto Ténérife sur le toit, il a fait 5 jours de moto pratiquement sans s'arréter, il est épuisé. L'ambiance est vraiment trés sympa, je me sens bien!
Thiérno m'avait mis en garde avant de me laisser partir "il y a plein de voleurs, sois prudent" Je suis parti sur mes gardes, là il n'y a plus de soucis!
On arrive à bamako à 3h30 du matin. Plus tôt que prévu mais carrément trop tôt pour aller à l'hotel. Donc on s'installe avec Michael au bureau des bus et on attend. on sort la guitare, on joue, on nous sert des thés, c'est cool la vie quand même!
A 8h, aprés le petit dejeuner on s'installe dans le dortoir du "foyer des soeurs blanches" (bon elles sont noires les soeurs, mais habillées en blanc). Je me prends une douche salvatrice et je m'allonge juste quelques minutes, hitoire de décompresser... je me réveille 4 heures plus tard la tête dans l'c...
Je pars dans bamako un peu au pif, je mange dans un resto minuscule en taule ondulée, il y fait 70 degrés et la bouffe est franchement pas top, mais je suis à fond : je suis à Bamako!!!!!!
Je retrouve Michael le soir, on va se faire une bouffe au resto en face du foyer. Tenu par des français, clientéle française, espagnole,allemande... le repas est bon... la musique c'est du reggae, les maliens qui débarquent c'est des rastas, bref, on est à Zion, tout le monde est hy-pra cool! On s'attarde pas, c'est bon, à marseille y'en a partout des coins comme ça et puis il est bientôt 22 heures, c'est l'heure du couvre-feu on risque de se faire disputer par les bonnes soeurs!
mercredi 27 janvier 2010
22 janvier
A peine arrivé, on me sert un grand café au lait avec un demi-pain et du beurre. Thierno m'annonce qu'ils ont décidé de partir demain matin histoire qu'on passe plus de temps ensemble.
Comme hier, l'occupation principale est le squattage des coussins, le buvage de thé et la rigolade. C'est fou ce qu'ils aiment rigoler, il se passe pas 5 minutes sans qu'il y ait un fou-rire.
On part faire un petit tour de l'autre coté, ils veulent me montrer les rives du fleuve. En chemin, on voit beaucoup de maisons qui semblent abandonnées. On m'explique qu'en fait les gens font construire un peu dés qu'ils ont de l'argent et attendent d'en regagner pour continuer les travaux. La maison à coté de la famille est aussi en travaux, c'est un terrain qui leur appartenait et avec l'argent de la vente ils ont pu faire de nouvelles piéces. Il reste encore deux chambres me dit Thierno, dont la sienne.
Que ce soit au Maroc, en Mauritanie ou ici au Sénégal, je suis à chaque fois impressionné par les masses de détritus qu'il y a partout. Les gens jettent tout par terre. Moi, qui me suis fixé de ne rien jeter, c'est parfois difficile de se retenir au milieu d'une décharge... Là, pour la premiére fois, je vois l'utilité à tout ça. Thierno et Omar m'expliquent qu'ils font les fondations des maisons et aprés ils bourrent avec les détritus, essentiellement du plastique, avant de faire le sol et les murs. "Ici, on fait avec ce qu'on a, y'a pas de sous"
A midi on mange du "mafé", je me régale comme rarement, c'est vraiment trés bon!!
Aprés le repas, Djiby (le cousin) me dit trés sérieusement :
"Stephane, va faire tes ablutions, on va te chercher un tapis et tu va prier."
"euh... je suis pas musulman moi..."
Il éclate de rire, c'était une boutade, ca me rassure j'ai été mal à l'aise pendant une seconde...
Ensuite il me demande ma religion.
"Je suis catholique" dis-je avec le plus de conviction possible...
Lui : " Mais tu es pratiquant?"
Moi : "euh... non non!"
Lui : "et tu ne va jamais a l'église?"
Moi : " si, pour les mariages, les baptemes, les enterrements..."
Lui : " et dans ta famille des gens sont deja alle a Rome quand même"
Moi : "J'ai de la famille italienne, donc..."
Lui : " et tu ne prie pas Dieu alors?"
Moi, timidement : " ben...non...euh..."
Il reste silencieux un moment, il réfléchit et me dit vaiment trés perplexe :
" c'est difficile a comprendre."
On rentre pour boire le thé.
On est nombreux dans la petite piéce. Tout a coup Baaba prend la parole et tout le monde se tait. Je sens que la discution est grave et solennelle, je me sens mal, d'autant que je suis assis en plein milieu. Ensuite c'est Djiby qui prend la parole un moment sur le même ton trés serieux, puis la tante etc...
Dés que l'occasion se presente, je m'échappe et je file sur internet quelques heures.
Comme tous les cybers du quartier sont fermés (les horaires sont trés aleatoires...) je me retrouve de l'autre coté du pont dans le quartier touristique. Je me fait alpaguer par un vendeur à deux balles en arrivant, il m'attend à la sortie!!! Prise de tête habituelle, je suis obligé de m'énerver pour que lui et son pote me lâchent... j'avais perdu l'habitude, que c'est chiant!!!
Quand je rentre, Thierno m'explique que la discussion n'avait rien de grave, " c'est juste pour le mieux vivre ensemble, si tu parlais mieux Pulaar tu aurais pu prendre la parole aussi, on t'aurait écouté."
Aprés mangé, pour la derniére soirée de la soeur du Fouta qui est là : c'est la fête. Donc, là c'est chansons sur chansons jusqu'a 3h30. Ils s'arrétent plus, et les fou-rires sont et boucle. Fatouba decide de m'apprendre quelques pas...ridicule... Avec Pierre on avait inventé la danse du Gogoth il y a 10 ans sur une plage de Guinée... J'ai pas fait de progrés depuis! Deja qu'ils aiment rire, alors là c'est l'hystérie, j'ai failli en tuer 2 ou 3 avec mes déhanchés devastateurs. Par contre les autres, comment ils assurent ma parole!!! En particulier le cousin de Thierno, qui se léve de temps en temps et envoi des pas de la mort. A chaque fois que quelqu'un danse c'est comme un sketch, il fait le pitre et les autres pleurent de rire!
Finalement il est l'heure de rentrer. Mes deux amis me raménent à l'hotel. L'ambiance est lourde. Omar qui est toujours souriant tire une tronche pas possible, je lui demande si ca va. Il me reponds : "Je suis triste"
Putain, il va me faire chialer ce con! C'est clair que je suis dégouté aussi, c'est passé trop vite, on a juste eu le temps de faire connaissance. Thierno me dit : "de toute facon, on est ensemble maintenant, c'est pour la vie"
Depuis j'arréte pas de gamberger pour trouver le moyen de les aider à mon tour du mieux possible sans que ça passe pour de l'aumône ou un paiement pour service rendu.
Je gamberge, je gamberge...
Comme hier, l'occupation principale est le squattage des coussins, le buvage de thé et la rigolade. C'est fou ce qu'ils aiment rigoler, il se passe pas 5 minutes sans qu'il y ait un fou-rire.
On part faire un petit tour de l'autre coté, ils veulent me montrer les rives du fleuve. En chemin, on voit beaucoup de maisons qui semblent abandonnées. On m'explique qu'en fait les gens font construire un peu dés qu'ils ont de l'argent et attendent d'en regagner pour continuer les travaux. La maison à coté de la famille est aussi en travaux, c'est un terrain qui leur appartenait et avec l'argent de la vente ils ont pu faire de nouvelles piéces. Il reste encore deux chambres me dit Thierno, dont la sienne.
Que ce soit au Maroc, en Mauritanie ou ici au Sénégal, je suis à chaque fois impressionné par les masses de détritus qu'il y a partout. Les gens jettent tout par terre. Moi, qui me suis fixé de ne rien jeter, c'est parfois difficile de se retenir au milieu d'une décharge... Là, pour la premiére fois, je vois l'utilité à tout ça. Thierno et Omar m'expliquent qu'ils font les fondations des maisons et aprés ils bourrent avec les détritus, essentiellement du plastique, avant de faire le sol et les murs. "Ici, on fait avec ce qu'on a, y'a pas de sous"
A midi on mange du "mafé", je me régale comme rarement, c'est vraiment trés bon!!
Aprés le repas, Djiby (le cousin) me dit trés sérieusement :
"Stephane, va faire tes ablutions, on va te chercher un tapis et tu va prier."
"euh... je suis pas musulman moi..."
Il éclate de rire, c'était une boutade, ca me rassure j'ai été mal à l'aise pendant une seconde...
Ensuite il me demande ma religion.
"Je suis catholique" dis-je avec le plus de conviction possible...
Lui : " Mais tu es pratiquant?"
Moi : "euh... non non!"
Lui : "et tu ne va jamais a l'église?"
Moi : " si, pour les mariages, les baptemes, les enterrements..."
Lui : " et dans ta famille des gens sont deja alle a Rome quand même"
Moi : "J'ai de la famille italienne, donc..."
Lui : " et tu ne prie pas Dieu alors?"
Moi, timidement : " ben...non...euh..."
Il reste silencieux un moment, il réfléchit et me dit vaiment trés perplexe :
" c'est difficile a comprendre."
On rentre pour boire le thé.
On est nombreux dans la petite piéce. Tout a coup Baaba prend la parole et tout le monde se tait. Je sens que la discution est grave et solennelle, je me sens mal, d'autant que je suis assis en plein milieu. Ensuite c'est Djiby qui prend la parole un moment sur le même ton trés serieux, puis la tante etc...
Dés que l'occasion se presente, je m'échappe et je file sur internet quelques heures.
Comme tous les cybers du quartier sont fermés (les horaires sont trés aleatoires...) je me retrouve de l'autre coté du pont dans le quartier touristique. Je me fait alpaguer par un vendeur à deux balles en arrivant, il m'attend à la sortie!!! Prise de tête habituelle, je suis obligé de m'énerver pour que lui et son pote me lâchent... j'avais perdu l'habitude, que c'est chiant!!!
Quand je rentre, Thierno m'explique que la discussion n'avait rien de grave, " c'est juste pour le mieux vivre ensemble, si tu parlais mieux Pulaar tu aurais pu prendre la parole aussi, on t'aurait écouté."
Aprés mangé, pour la derniére soirée de la soeur du Fouta qui est là : c'est la fête. Donc, là c'est chansons sur chansons jusqu'a 3h30. Ils s'arrétent plus, et les fou-rires sont et boucle. Fatouba decide de m'apprendre quelques pas...ridicule... Avec Pierre on avait inventé la danse du Gogoth il y a 10 ans sur une plage de Guinée... J'ai pas fait de progrés depuis! Deja qu'ils aiment rire, alors là c'est l'hystérie, j'ai failli en tuer 2 ou 3 avec mes déhanchés devastateurs. Par contre les autres, comment ils assurent ma parole!!! En particulier le cousin de Thierno, qui se léve de temps en temps et envoi des pas de la mort. A chaque fois que quelqu'un danse c'est comme un sketch, il fait le pitre et les autres pleurent de rire!
Finalement il est l'heure de rentrer. Mes deux amis me raménent à l'hotel. L'ambiance est lourde. Omar qui est toujours souriant tire une tronche pas possible, je lui demande si ca va. Il me reponds : "Je suis triste"
Putain, il va me faire chialer ce con! C'est clair que je suis dégouté aussi, c'est passé trop vite, on a juste eu le temps de faire connaissance. Thierno me dit : "de toute facon, on est ensemble maintenant, c'est pour la vie"
Depuis j'arréte pas de gamberger pour trouver le moyen de les aider à mon tour du mieux possible sans que ça passe pour de l'aumône ou un paiement pour service rendu.
Je gamberge, je gamberge...
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